Concertation "refondons l’école de la République" - Compte rendu

Groupe n°4 : « Des personnels formés, reconnus et valorisés »

11 juillet 2012

 

Le Groupe 4 : « Des personnels formés, reconnus et valorisés » est divisé en 3 ateliers.

Mis à jour le 28 août

Cliquer sur le titre de chaque atelier pour accéder au compte rendu correspondant.

Sommaire :

- Une vraie formation initiale et continue pour les enseignants
- Une nouvelle évaluation des personnels
- Des missions redéfinies pour des personnels valorisés


- Une vraie formation initiale et continue pour les enseignants :

Réunions du 13 et du 16 juillet :

Ces deux premières ½ journées de travail ont rassemblé un public nombreux et éclectique : organisations syndicales de l’enseignement supérieur, des premier et second degrés général, technologique et professionnel, des enseignants aux chefs d’établissements, représentants des collectivités locales, institutionnels (IPR, DEPP…), mouvements pédagogiques, parents d’élèves, associations…
Yves Durand (député PS) et Bernard Boissinot (Recteur de l’académie de Versailles) ont présidé la première séance. L’objectif de cet atelier est de débattre des modalités de la reconstruction de la formation initiale et continue des personnels. Les réflexions ne doivent pas se réduire à la préparation de la loi et peuvent aborder d’autres thèmes. Différentes problématiques ont été proposées à la discussion :

-  L’articulation entre la formation professionnelle et disciplinaire.
-  L’articulation entre les ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Éducation) et l’université.
-  La place de la recherche dans les ESPE.
-  L’articulation master/concours.
-  Les contenus des concours.
-  Les différentes voies de recrutements.
-  L’année de stage.
-  Les contenus du tronc commun entre tous les futurs enseignants.

Chaque participant a ainsi réagi à cette introduction :

Le SNES a rappelé l’absolue nécessité d’une initiation à la recherche dans la formation des enseignants et CPE ce qui est le rôle du M2. Une articulation entre la formation académique et professionnelle est indispensable : nous refusons toute idée de formation successive (d’abord disciplinaire puis professionnelle) ou simultanée mais sans connexion. La formation « professionnelle » doit être composée d’éléments de didactique, d’épistémologie, de pédagogie en lien avec les contenus d’enseignement.
C’est pourquoi il est nécessaire qu’ESPE et universités soient en étroite collaboration.
Nous avons abordé la question fondamentale des pré-recrutements dont la nécessité fait l’unanimité mais pour lesquels la nature doit être définie. Notre modèle est celui des IPES (recrutement sur concours, contrat d’engagement, salaire et cotisation à la retraite). Pour autant il doit pouvoir exister d’autres voies d’accès aux concours permettant aux étudiants se décidant tardivement ou à des travailleurs en reconversion de réussir le concours. Le concours ne peut pas être trop précoce car il entraînerait une formation successive et empêcherait toute initiation à la recherche. L’inscription à un concours étant possible avec n’importe quel master disciplinaire, il est indispensable que le concours vérifie la maîtrise disciplinaire en plus d’épreuves liant la discipline et la pratique professionnelle. L’année de stage doit être une année de formation pleine et entière.

Le débat s’est déroulé le 13/07 et terminé le 16/07 où seul Yves Durand présidait.
Nombre d’intervenants ont souligné la nécessité d’un cadrage national et le fait que la formation professionnelle ne peut se réduire à un stage qui plus est sans accompagnement.
Pour la formation initiale : 2 grandes voies se dessinent :

-  Le successif avec une première étape du tout disciplinaire avec un haut niveau de qualification et de recherche disciplinaire (société des agrégés) ou s’arrêtant en licence avec un concours en fin de L3 (FAEN)
-  La formation intégrée défendue entre autres par les syndicats de la FSU avec un recrutement niveau master.

Le rôle du tuteur a été abordé, le SE-UNSA estimant que les stagiaires sont très contents du compagnonnage, Education et Devenir évoquant le tour de France des compagnons du devoir pour les enseignants !

Conclusions du rapporteur : Emergence de questions à approfondir :

-  La nature des ESPE et le rapport avec université et la recherche
-  Le problème de la formation : à quel moment on la commence ? Quels sont les temps de formation, le moment où on place les concours ?
-  Le recrutement : Une divergence apparaît entre recrutement tôt ou tardif. Quel type de recrutement en une, 2 ou 3 étapes ?
-  Les pré-recrutements : quelle nature ? IPES avec début de la carrière (point de retraite etc..) ?
-  Les différentes voies d’accès aux concours.
-  Les contenus des formations et le rapport avec l’environnement social et géographique, les collectivités territoriales. Programmes des 4 prochaines séances :
-  20 Août : Les rapports entre ESPE et université et recherche et relation avec l’employeur, l’établissement.
-  27 Août : Les temps de formations et le rapport entre concours et master
-  7 septembre : Les pré-recrutements et les autres voies d’accès au métier : le recrutement
-  21/09 : Les contenus de formations (cadrage national, lien avec l’environnement social et géographique.

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Compte rendu de la réunions du 20 août : quelle place pour les ESPÉ (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education ?

Toujours présidée par Yves Durand, député PS, cette journée avait pour objectif de lister les réponses possibles à 2 questions soulevées lors des journées précédentes :
-  Quelle est la nature des ESPÉ ? Quels sont les liens entre ces écoles et l’université ?
-  Quel rapport avec la recherche ? Quel rôle de ces écoles avec cette recherche ? Il y a eu unanimité sur :
-  la place de l’ESPÉ au sein de l’université moyennant des garantis sur leur financement, leur lisibilité et leur pérennité. En effet, avec l’autonomie des universités, il y a une fongibilité des crédits actuels des IUFM qui ne doit pas se reproduire avec les ESPÉ.
-  le public concerné à savoir les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement et de l’éducation, les fonctionnaires stagiaires et titulaires en formation continue.
-  la nécessité que les différents acteurs travaillent ensemble, d’éviter querelle de pré-carré qui vaut autant pour les 2 ministères concernés que pour les acteurs du monde universitaires.
-  La nécessité de développer la formation des formateurs.
-  la nécessité de créer des appels d’offre en recherche en éducation afin qu’elle se développe. Les débats se sont portés sur :
-  le nombre d’ESPE : une seule par académie ou possibilité de plusieurs voire une par département pour être au plus proche du terrain.
-  l’intégration de l’ESPE au sein d’une seule université par académie ou au sein de regroupements d’universités ou encore en lien avec toutes les universités.
-  La présidence de l’ESPE assurée par un représentant de l’employeur (recteur) ou des enseignants chercheurs mais désigné par l’Etat.
-  Les personnels de l’ ESPÉ : uniquement des enseignants-chercheurs, ou également des enseignants en service partagés ?
-  L’articulation ESPE / employeur (rectorat, établissement…)
-  Les liens avec d’autres structures de formation (associations pédagogiques, autres centres de formation)
-  Les liens avec la recherche : certains estimant que les enseignants devaient être formés à décrypter les contenus de la recherche mais en aucun cas être formés à la recherche alors que d’autres étaient d’avis contraire. La nature de cette recherche étant, pour la majorité des intervenants, celle en éducation.

Le SNES est intervenu sur plusieurs points :
1 ) Comment la formation des enseignants et CPE qui doit être prise en charge par l’Etat employeur va être mise en place dans tout le territoire tout en maintenant l’autonomie des université ?
2 ) Comment en terme d’organisation accueillir des publics dont la formation d’une partie (ceux post concours) est de la responsabilité pleine et entière de l’Etat ?
3 ) Comment intègre-t-on la formation des enseignants des disciplines technologiques et professionnelles ?
4 ) L’ESPÉ doit avoir pour objectif de mettre un terme au conflit entre savoirs académiques et formation professionnelle.
5 ) Toutes les universités doivent être partie prenante avec un lien de même nature avec l’ESPÉ.
6) Les liens avec la recherche sont indispensables que ce soit avec la recherche disciplinaire ou les recherches en éducation qui doivent être développées et encouragées. La formation des enseignants qu’elle soit initiale ou continue doit intégrer une pratique de recherche.

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- Une nouvelle évaluation des personnels

Compte-rendu de la réunion du 20/07 :

Très rapide présentation par Yves Durand, député socialiste du Nord. Se trouvent à ses coté Sylvie Condette, MCF en Sciences de l’éducation et Brigitte Doriath, IGEN-Economie et Gestion.
Dans son introduction, Sylvie Condette précise que ce débat sur l’évaluation ne touche pas que le système scolaire français. Elle évoque différentes enquêtes internationales. À chaque fois, cela implique de rendre compte sur son action. En France, elle évoque la LOLF où l’obligation de moyens est intimement liée à l’obligation de résultats. Le rapport de l’IG sur « le rôle et l’activité des inspecteurs pédagogiques du second degré (mars 2011) » montrerait une grande variabilité entre une logique d’efficacité par des résultats et une logique plus qualitative. Elle distingue les évaluations formatives (qui mettent en valeur les personnels et permettent de faire le point) et les évaluations sommatives (qui ont pour fonction le contrôle des connaissances et compétences avec la réalisation ou non des objectifs) Cinq questions majeures sont retenues pour cette journée : Pourquoi évalue-t-on ? Qu’est-ce qu’on évalue ? Quand évalue-t-on ? Comment évalue-t-on ? Qui évalue ?
Les différentes intervenants se sont attachés à essayer de répondre à ces questions tout en ne pouvant pas traiter de tout bien entendu à la fois. On retiendra dans ce compte rendu rapide ce qui touche plus particulièrement au second degré.

Le SNES considère qu’il s’agit bien avec l’évaluation de faire progresser le système éducatif, d’améliorer les pratiques professionnelles et ainsi la qualité du service public. Elle doit déboucher vers l’aide, le conseil et la formation.
Interroger ses pratiques, les confronter à un autre regard font partie des actions à développer et mettre en avant. On pourrait prévoir un temps de réflexion par équipe disciplinaire, inclus dans le service des enseignants. L’évaluation ne doit donc pas avoir la fonction de sélectionner. Pour le SNES, la compétition qu’engendrerait un rôle sélectif de l’évaluation s’oppose au travail collectif et à la richesse que ce travail collectif apporte à chacun de ceux qui y participent et donc à l’institution. Il s’agit donc bien de déconnecter l’évaluation de l’avancement dans le corps de recrutement. Il faut ainsi mettre fin dans les promotions d’échelon aux 3 rythmes d’avancement et garder le rythme le plus favorable.
Nous rappelons aussi que comme il y a deux espaces d’intervention de l’enseignant : dans la classe et hors la classe, il doit y avoir deux évaluateurs. En effet, il n’existe aucun supérieur pouvant à la fois avoir des compétences nécessaires pour évaluer chacun ces champs d’intervention. Même s’ils peuvent être parfois complémentaires, ils n’en restent pas moins, par nature, distincts.

- à l’intérieur de la classe : c’est tout de même là que l’efficacité de l’acte éducatif est déterminante. Dans la classe, c’est avec l’IPR qui a la compétence et ainsi la légitimité qu’on peut améliorer l’évaluation pédagogique.
- en dehors de la classe : le chef d’établissement a un rôle à jouer dans le cadre d’une évaluation rénovée. Ce sont donc ces deux dimensions avec le poids relatif qu’elles représentent qu’il faut évaluer et donc en prenant en compte les compétences de chacun pour les réaliser.

Notre camarade de la FSU du syndicat des inspecteurs (SNPI-FSU) souligne que l’évaluation des enseignants doit s’inscrire dans une analyse de pratiques (amélioration du service public). Il n’y a pas d’évaluation sans des connections étroites avec la formation continue. Il précise que tous les IEN avancent au même rythme et que cela ne pose pas de problème. L’évaluation doit être co-construite par les évaluateurs et les évalués. Notre camarade du SNEP-FSU pointe la question de la parité et précise qu’en EPS, ce sont les femmes qui auraient le plus à gagner d’une déconnection avancement / évaluation. En effet, il existe un problème de parité et notamment dans toutes les procédures où les notes sont supprimées et où prédominent les avis hiérarchiques (liste d’aptitude au grade d’agrégée ou accès à la hors classe).
Le secrétaire général du SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement de l’UNSA pense que pour réaliser une évaluation sincère, il faut une déconnexion de l’évaluation et de l’avancement. C’est une position à titre tout à fait personnel qui n’engage pas le syndicat.
Le SGEN fait un bilan de l’existant, souligne que la note reflète peu l’investissement tout en augmentant mécaniquement, ne sert qu’à classer. Favorable à un avancement au même rythme pour tous avec tout de même une évaluation individuelle.
Sud pense que l’évaluation est subjective, qu’elle n’a pour effet que de normaliser le comportement puisque l’évaluateur ne reconnait que ce qu’il connaît. Est d’accord aussi comme la CGT pour un déroulement de carrière où la déconnection est effective. Revendique un salaire médian pour tous et dénonce la prise d’HS par les enseignants débouchant sur du moins bon travail.
Tout le monde n’a pas la même appréciation de l’auto-évaluation et du rapport d’activité même si les syndicats de l’UNSA dans leurs différentes composantes semblent quant à eux l’approuver. L’un (SNPDEN) se montre favorable à une auto-évaluation pour des enseignants diplômés titulaires d’un bac + 5 tandis qu’un autre (SE) met avant le rapport d’activité qui est un exercice très intéressant. Pour le SNES, dans son abstraction, l’auto-évaluation introduite dans le précèdent décret niait d’ailleurs la réalité de l’activité d’enseignement qui se joue à chaque instant, face à telle ou telle classe, tel ou tel groupe d’élèves, dans une telle démarche pédagogique sur un tel sujet. Pour qu’un tel processus puisse éventuellement fonctionner, nous pensons qu’il importe que la démarche attendue, les critères, les outils soient compris et partagés par les enseignants. Le regard que chaque enseignant aurait sur sa propre pratique ne suffit pas, il faut d’autres regards qui font partie d’un travail collectif.
Prochain rendez-vous le 31 août avec le bilan de la journée qui n’a pu être fait faute de temps.

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-  Des missions redéfinies pour des personnels valorisés

Réunion du 18 juillet :

Comme c’est le cas pour l’ensemble des groupes et sous-groupes la première réunion fait l’objet d’une présentation, ici par Aliz Jellab, sociologue qui a présenté quelques problématiques :

- l’école qui n’est plus un sanctuaire ;
- le métier enseignant de moins en moins convoité (attractivité, rémunération, manque de reconnaissance dans beaucoup de domaines, …) ;
- l’éclatement des tâches professionnelles ;
- la division du travail ;
- la visibilité du travail des enseignants (côté invisible et non reconnu d’un certain nombre de tâche) ;
- identification du collectif professionnel.

Une bonne partie de présents sont intervenus, ce qui a duré près de deux heures.

Le SNES est intervenu pour faire plusieurs remarques :

- l’élargissement des tâches des enseignants a été très important ces 20 dernières années ;
- prendre en compte ces tâches nouvelles n’implique pas de remettre en cause la définition des services en nombre d’heures hebdomadaire de cours
- le décret de 50 qu’on présente comme obsolète et inadapté a subi de nombreuses évolutions… Les obligations des enseignants ne se limitent pas aux cours (préparation, correction des copies, conseil de classe et d’enseignement, examens, ….) ;
- le système éducatif français a des originalités qui sont positives et qu’on ne retrouve pas ailleurs (CPE, Copsy). La démarche qui conduisait à remettre en cause ces deux catégories serait une énorme régression.
- Le travail collectif des enseignants constitue un potentiel important. Il doit être encouragé, ce qui implique de poser du temps pour le faire vivre.
- En particulier dans les établissements difficiles, le sentiment du travail empêché se répand. Les enseignants n’ont plus le temps de pouvoir faire ce qu’ils croient devoir faire, en particulier en direction des élèves en difficulté.
- La hiérarchisation accrue, la multiplication des prescriptions et fait oublier que les personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation sont des concepteurs de leur activité.

Les interventions dans la salle ont porté sur :
- le rôle des associations complémentaires
- la nécessité de mettre fin au collège qui serait un « petit lycée » (SGEN, UNSA)
- la nécessité de construire des équivalences de décompte horaire entre les différentes activités et les heures de cours (SGEN)
- la nécessité de rendre visible les activités des enseignants (plusieurs interventions)
- les missions « éducatives » des enseignants qui ne doivent pas se limiter à l’enseignement (FCPE)

La prochaine réunion de cet atelier aura lieu le 24 août 2012.

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Le calendrier de la concertation

Groupe n°1 : "La réussite scolaire pour tous"

Groupe n°2 : « Les élèves au cœur de la refondation »

Groupe n°3 : « Un système éducatif juste et efficace »