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Témoignage

" Groupes allégés " en terminales générales : les conséquences Depuis des années le SNES est porteur de l’exigence d’un enseignement des langues vivantes en groupes restreints, sur un horaire suffisant et quelque soit la série. Loin de répondre à nos attentes, la mesure d’allégement des groupes en terminales, qui a été diversement déclinée selon les établissements, cf US 619 et 624 , est lourde de conséquences comme en témoigne ce collègue

« Groupes allégés » en terminales générales : les conséquences

L’objectif annoncé de la mise en place des groupes de vingt élèves est en soi tout à fait louable car il permet de pallier les difficultés dues à la surcharge des groupes de langues et de mettre l’accent sur la communication orale.
Rappelons tout d’abord que la promesse faite par M. Fillon n’a pas été tenue : il s’agissait en effet de dédoubler systématiquement les groupes de terminales et non de supprimer ceux déjà en place. Selon le recteur de l’académie de Versailles (audience SNES du 11 mai 2005) « cette disposition est exclusive des dédoublements, puisque la situation créée sera meilleure. »
Peut-on pour autant, avec ces « groupes allégés », parler d’une véritable amélioration des conditions d’enseignement ?

Contexte général : mouvement généralisé de réduction horaire

Depuis 1999-2000, un mouvement généralisé de réduction des horaires d’enseignement a été amorcé.
Dans certains cas, la perte d’une heure pour les élèves représente environ 60 heures d’enseignement sur deux années
scolaires, soit une année de moins, cette perte induisant forcément une baisse du niveau de compétence dans la langue.
De plus, cet horaire est inférieur au seuil de trois heures en dessous duquel les élèves ne sont pas dans des conditions favorisant les progrès car ils sont insuffisamment exposés à la langue étrangère et d’une manière trop irrégulière.
Pour les enseignants, il ne permet pas de varier les activités, et donc de sortir de la préparation stricte à l’épreuve du baccalauréat (en grande majorité des épreuves écrites), ce qui est assez peu motivant pour les élèves.

Une mesure qui se justifie mal sur le plan pédagogique

Cette mesure peut être perçue comme positive là où les effectifs sont élevés mais concrètement, il n’est dorénavant plus possible de faire bénéficier les élèves de certains équipements tels que les laboratoires (18 postes maximum) ou de travailler individuellement en salle multimédia. En classe, les groupes de vingt ne permettent pas, contrairement aux demi-groupes, d’individualiser assez les apprentissages et donc d’aider les élèves les plus en difficulté ; dans ces conditions, on peut craindre un creusement du fossé entre les bons élèves et ceux qui manquent d’autonomie.

Aussi, ils alourdissent notablement la charge de travail pour les professeurs car la perte de l’heure dédoublée engendre une augmentation des groupes dont ils ont la charge, et donc du nombre de préparations : il faut, en moyenne, compter une préparation supplémentaire.
Enfin, les professeurs de LV sont partiellement exclus des équipes pédagogiques à cause de la division des classes pour constituer les groupes de langue. Quel avenir pour les projets pédagogiques des équipes interdisciplinaires ? N’oublions pas de parler de la nécessité de multiplier les alignements de plusieurs classes pour constituer les groupes de vingt, alignements dont l’incidence sur les emplois du temps des élèves, et par conséquent sur les rythmes scolaires ne peut être ignorée.
Vincent Chabenat, professeur d’anglais (Lycée Camille Pissarro, Pontoise).

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