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Un film de Geoffray Enthoven (Belgique)

"Hasta la vista" Sortie en salles le 7 mars 2012

Lars, Philippe et Joseph ont vingt ans et un grand appétit de vivre bien qu’ils soient chacun atteints d’un grave handicap. L’un est aveugle, l’autre complètement paralysé et le troisième, en phase terminale d’un cancer, est définitivement condamné à la chaise roulante.

Aucun d’eux n’a jamais connu le plaisir avec une femme. Or, ils apprennent qu’il existe sur la côte espagnole, un établissement de plaisir spécialement destiné aux hommes diminués, réduits à une totale dépendance.

Ils décident de s’y rendre depuis la Belgique mais il leur faut, pour cela, louer un véhicule adapté, embaucher un chauffeur et trouver une assistance médicale.

Leur énergie, leur détermination à mener à bien leur projet, et le fait que l’un d’eux possède une fortune personnelle, leur permettront de franchir les obstacles et de passer outre les réticences de leurs familles respectives à les voir s’en aller aussi loin.

Le chauffeur qui propose ses services est une femme obèse mais efficace, avec qui le contact aura du mal à se mettre en place, mais qui s’avérera par la suite être l’accompagnatrice efficace et sensible qui convenait à leur projet.

Claude Lelouch a visionné "Hasta la vista" par hasard au cours du Festival de Montréal et il a eu immédiatement le coup de foudre pour "ce petit film qui ne ressemble à aucun autre et possède les vertus qui en font un grand film".

Un petit film, certes oui. Possédant des vertus, c’est à voir. Qui en font un grand film, certainement pas.

Le film a, à son actif, la vitalité à toute épreuve de ses personnages. C’est un récit généreux sur le droit à l’amour des personnes handicapées, sur l’amitié inconditionnelle qui peut lier ces individus logés à la même enseigne, sur la luxure et leur désir incompressible de connaître enfin le plaisir physique dans les bras d’une femme.

Geoffray Enthoven a fait de ce road-movie singulier, une comédie où l’aventure du voyage prendra le pas sur la destination, le fameux "El Cielo" que les protagonistes imaginent peuplé de femmes de rêve. Les situations de nature comique qui s’enchaînent, auxquelles vient se greffer la bonne humeur immuable des trois larrons, prêtent parfois à rire (ou à sourire).

Mais le récit case plus qu’il n’ inclut, ici et là, en légère rupture de ton, les indispensables moments de déception, de doute, les rappels récurrents à la prochaine disparition du protagoniste cancéreux qui font contre poids.

La comédie, où le plus souvent Geoffray Enthoven fonce tête baissée, bute sur l’état physique des personnages, la force de leurs handicaps, la maladie incurable, le personnage plus nuancé de Claude, l’accompagnatrice.

Le rire, même s’il nous est autorisé par la bonne humeur des personnages, leurs enthousiasmes, se double plus que d’amertume, d’une sorte de culpabilité à nous voir nous amuser des aventures au cours du voyage, de la singulière et pathétique randonnée.

La réalisation de " Hasta la vista" n’est pas à la hauteur de son sujet par défaut pour le réalisateur, d’avoir su trouver la bonne tonalité, le bon dosage entre la comédie qu’il a surtout retenue et son souci de rendre également l’aspect pathétique du récit.

Le dénouement attendu, entre tragédie et fin heureuse, oblige à un retour en arrière, une revisite du récit depuis son tout début, pour faire ressortir une accumulation de clichés et une vague impression de supercherie.

Francis Dubois

 

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