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Un film de Thomas Lilti (France)

"Hippocrate" Sortie en salles le 3 septembre 2014.

Thomas Lilti avait choisi de devenir médecin avant de préférer la voie du cinéma. C’est sans doute sa parfaite connaissance du milieu hospitalier qui fait de son premier film "Hippocrate", une réussite de justesse et de précision, une œuvre humaine et touchante.

Benjamin a un peu plus de vingt ans et il va faire ses premières armes d’interne dans le service de son père.

Tout feu tout flamme, il est sûr qu’il deviendra un grand médecin. Il a assez d’orgueil et de détermination pour cela.

Mais sur place, rien ne se passe comme il l’avait imaginé et la pratique du terrain lui réserve des surprises auxquelles la théorie ne l’avait pas préparé.

Son père, un homme distant et apparemment irréprochable n’hésitera pas à "couvrir" une de ses maladresses de diagnostic sur laquelle Abdel, son co-interne, l’avait mis en garde.

La réalité de l’hôpital à laquelle il était peu préparé va mettre à mal ses certitudes, le confronter à ses limites, ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins et de tout le personnel soignant.

"Hippocrate" est un film solidement construit. Un film à l’ancienne pourrait-on dire, qui raconte une vraie histoire avec des personnages bien dessinés, à l’abri de tout cliché.

Tout ici sonne juste et les ressorts sur lesquels repose le récit qui, sans doute, proviennent de l’expérience du réalisateur en milieu hospitalier, sont toujours d’une grande crédibilité.

Benjamin arrive dans le service de son "patron" de père, en enfant gâté, avec des certitudes et la prétention de pouvoir déjà avancer des diagnostics sûrs.

Son comportement n’attire pas la sympathie de l’équipe mais la confrontation à la réalité se chargera de corriger son orgueil et sa façon d’anticiper sur le bon médecin qu’il a la prétention de devenir très vite.

A l’opposé de ses certitudes, il y a la modestie, le charisme d’Abdel, un médecin algérien à travers lequel on découvrira le statut peu accueillant des praticiens étrangers dans le système hospitalier français.

Abdel, bien avant le père, aura compris la psychologie de Benjamin et plutôt que de le contrer frontalement, il va agir face à lui, avec la subtilité humaine qui le caractérise.

Le film ne se contente pas de dresser le portrait de deux personnages attachants. Il aborde avec une belle efficacité les problèmes que traverse le système hospitalier, diminution d’effectifs, approche peu humaine des malades, milieu sinistré…

Ces deux très beaux personnages sont interprétés par Vincent Lacoste (Benjamin) remarqué il y a quelques années dans " Le beaux gosses", très convaincant, mais surtout pas Reda Kateb (Abdel),

magnifique comédien dont le registre de jeu s’étend de film en film.

Francis Dubois

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