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Journée de réflexion disciplinaire (JRD) du 14 mai 2009

Histoire Géographie et Education civique : actualité et perspectives au collège en 2009 et au brevet en 2010 Compte-rendu

La discipline est au coeur de l’actualité du collège (nouveaux programmes de 6e à la rentrée 2009, nouveau brevet en 2010, mise en place du "socle commun" et risque de dilution dans les "humanités"...) mais aussi du lycée : quelle place dans le projet de réforme ? Que devient l’ECJS ?.

COLLEGE

1. La mise en œuvre des nouveaux programmes de 6e

1.1. Quelques retours des réunions académiques organisées par les IPR

* Dans l’académie de Créteil (une première réunion) :
- Toute la présentation est axée sur les compétences avec des allusions aux contenus comme simples illustrations. Un diaporama de 80 diapos (!!) sur l’île de la Réunion est présenté en guise de mise en œuvre pédagogique TICE… Très réaliste !!
- Une présentation très académique de l’histoire des arts (les grands courants artistiques, les compétences, etc.) en insistant sur l’objectif de « donner le goût d’aller au musée ».
- Le document n’a rien d’obligatoire : on peut tout utiliser en classe.

* Dans l’académie de Créteil (une seconde réunion) :
- Insistance sur le récit magistral (celui du prof) pour « passionner » les élèves.
- Utiliser le document comme « prétexte à la narration »…

* Dans l’académie de Clermont
- Véritable culpabilisation des collègues car « les élèves s’ennuient en cours » : les profs doivent donc « raconter des histoires » pour les intéresser… Il faut donc rétablir le récit du prof. en classe.

* Dans l’académie de Rennes
- L’IPR se présente comme une simple courroie de transmission du Ministère dont il applique les décisions… Voir les observations précédentes.

* Dans l’académie de Rouen
- Le propos a été moins « caricatural » car les deux intervenants (une IPR et le « monsieur TICE » académique) faisaient partie du groupe d’experts chargé d’élaboration des nouveaux programmes… Il s’agissait donc d’infos de « première main ». Toutefois :
- On retrouve une grosse insistance – avec tendance à la justification - sur les capacités « raconter » et « décrire »… sans que les profs deviennent pour autant des « ayatollah du récit » ! S’il s’agit de contextualiser (c’est notre boulot de prof d’histoire-géo), on nous conseille quand même de nous coordonner avec le prof de français…
- Après quelques questions, il apparaît que « raconter » est conçu comme une compétence transversale de l’histoire-géo et du français.

1.2. Document de l’IG : « Ressources pour faire la classe. Programmes de sixième ».

Voir fichier téléchargeable.

Deux indications de mise en oeuvre laissent craindre un retour de balancier dans les pratiques pédagogiques vers le « tout récit » et le « document illustratif » :

- p. 4 : « Donner toute sa place à la parole du professeur » et, notamment, « donner une place au récit proprement dit ». Ainsi, « le professeur peut raconter son cours : le recours à l’anecdote, à la biographie d’un personnage, à la description de la vie quotidienne d’un individu » sont des « leviers pédagogiques »…

- p. 4/5 : « Mieux utiliser le document ». On ne peut qu’être en accord avec l’idée de « rompre avec une certaine inflation documentaire », certes largement incitée par la formation dans les IUFM pendant plus d’une décennie… Par contre, le document ne peut-il réellement qu’être « illustratif » (même s’il a aussi cette dimension) ? Le statut du document en histoire est ainsi tranché : « il convient de considérer comme document tout support qui invite les élèves à la réflexion historique, géographique ou civique. Ce n’est pas sa nature qui définit le document mais son usage en tant que support pédagogique. » Certes, le document est un « outil » créé et utilisé pour les besoins pédagogiques, mais n’est-il pas supposé provenir d’une source historique ou/et du travail des historiens ? Un tel discours nécessite, en parallèle, de revaloriser les sources historiques de manière moins « timide » que leur place dans les programmes (actuels et nouveaux)…

- p. 5 : « Faire écrire les élèves, dynamiser et valoriser l’oral ». La mise en œuvre de la compétence transversale (littéraire) « raconter » est explicite : « il faut faire écrire les élèves » au quotidien et « renforcer la prise de parole ». Chiche : on dédouble les classes (!?) pour permettre à tous les élèves – surtout les moins à l’aise à l’oral – de s’exprimer à chaque séance.

2. L’expérimentation de l’évaluation du socle commun en mars 2009

Pour les « outils d’évaluation », voir les documents « confidentiels » du Ministère (en fichier-joint). En l’état (expérimental), ils laissent présager :
- un véritable surcroît de travail avec la multiplication et l’empilement des évaluations « habituelles », des « grilles », d’une « épreuve de 50 minutes », des « questionnaires » et autres « fiches-élèves »…
- un formatage de nos enseignements dans le sens de ces types d’évaluations.
- un fossé entre les finalités – parfois ambitieuses – du socle commun et la réalité des évaluations (QCM).

Les données et les questions posées
- Le socle est inscrit dans la loi et c’est un indicateur pour la LOLF (loi d’orientation à la loi de finance).
- Le socle n’est pas obligatoire pour obtenir le Brevet mais le jury du Brevet pourrait l’accorder à un élève qui ne l’aurait pas validé intégralement.
- Quelle prise en compte du socle dans l’affectation en lycée ? Par exemple, l’application information « Affelnet » (affectation des élèves par le Net) accorde 700 points de barème pour les résultats scolaires, 400 pts pour la proximité géographique, 200 pts pour la détention d’une bourse, 150 pts pour le 1er vœu, 50 pts pour un frère ou une sœur déjà scolarisée (source : Le Monde).
- Quel temps de concertation est prévu pour les équipes pédagogiques ?

3. Le brevet 2010

3.1. Parmi les propositions esquissées par la Degesco

- l’idée de ne compter que les notes supérieures à la moyenne… Sic !
- une épreuve d’orientation et de formation au métier sous forme d’un dossier rédigé… en anglais !! Hallucinant…
- l’histoire-géo intégrée dans un bloc d’épreuves « français et humanités » en 3h30 avec 2h pour le français puis 1h30 [2h aux dernières nouvelles] pour l’histoire-géo sous forme de 10 « QRC » (questions à réponses courtes ») !

Voir l’article du SNES sur le projet ministériel de nouveau DNB au 4 juin 2009 : http://www.snes.edu/spip.php?article17132

3.2. Nos pistes pour un nouveau Brevet

- Maintenir une épreuve d’histoire-géo et éd. civique en 2 h.
- Revoir la nature et les modalités de l’épreuve dite de « paragraphe argumenté » qui n’est actuellement ni un paragraphe monobloc ni un véritable exercice d’argumentation !
- Renforcer l’exercice sur documents qui constitue la base de la réflexion historique…
- Revoir complètement l’épreuve d’éducation civique qui est actuellement calquée sur le « paragraphe argumenté ».
- Donner du sens à l’épreuve de repérage, notamment en histoire.

Quelques propositions pour remanier les épreuves actuelles :

1) Une épreuve d’histoire-géo en 2 exercices :
- un exercice sur documents en revalorisant le statut des documents au moyen notamment d’une question permettant la présentation de l’un des documents : nature, auteur (qui ?, de quel point de vue ?), etc.
- un exercice de type « réponse organisée » dans la perspective de ce qui est demandé au lycée : synthèse étayée par des connaissances, organisée en plusieurs paragraphes, avec phrases d’introduction et de conclusion. Exercice qui pourrait s’appuyer en partie sur le corpus documentaire précédent.

2) Une épreuve d’éducation civique sous forme d’étude de cas ou/et de mise en situation à partir d’au moins deux documents offrant des avis différents (et un texte de loi) sur un sujet d’actualité, avec un questionnement favorisant la confrontation des points de vue :
- Identifier les points de vue et les arguments présentés dans les documents.
- Confronter ces points de vue au texte de loi (que « dit » la loi ?).
- Quels sont les enjeux du débat pour l’ensemble de la société ?
+ Questions incitant à la réflexion critique : quelles sont les limites de la loi ? Comment les citoyens peuvent-ils agir ?

3) Une épreuve de repérage – si elle est conservée – devrait comporter un exercice de contextualisation (ne pas se limiter à la simple énumération) et être recentrée sur les repères de 3e en histoire tandis que ceux de géo. (6e-3e) sont plus pertinents car réutilisés chaque année. On pourrait envisager deux types d’exercices :
- des événements (sans dates) à replacer sur une frise chronologique (sur les bons repères) ;
- un événement (parmi les précédents) à présenter ou expliquer en quelques lignes.

3.3. En histoire des arts

La Degesco souhaite que l’histoire des arts « compte » pour le Brevet (mais probablement pas pour celui de 2010) dans le cadre du contrôle continu, sous forme d’un dossier (ou d’une « production ») présenté à l’oral et préparé conjointement par les enseignants d’histoire, d’arts plastiques et d’éducation musicale.

La suite des débats a porté sur la place de l’histoire-géographie au lycée et sur le devenir de l’ECJS.


Groupe national Histoire-Géographie du SNES-FSU - mai 2009

Ce compte-rendu annule et remplace celui précédemment mis en ligne.

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