6 juin 2012
Autour d’Alice Cardoso et de Fabrice Giovannazzi, une quinzaine de collègues étaient présents au lycée Thierry Maulnier.
Grâce à la venue d’Alice Cardoso nous avons pu comprendre comment il fallait revoir les programmes : réformer vite même si ce n’est pas bien !
La rédaction des programmes a été bâclée, de nombreuses incohérences sont observables, tandis que le temps imparti pour enseigner est réduit. Ce qui n’empêche pas que certains groupes de pressions ou communautaires ont obtenu des chapitres dont la plupart ne seront matériellement pas faisables. Car la critique essentielle qui relève d’un réel malaise repose sur l’infaisabilité de la plupart des programmes particulièrement au lycée en première. Et le ministère qui n’a plus les moyens d’une vraie formation continue propose Eduscol qui explique aussi bien l’esprit des programmes que leur évidence à des enseignants décidément frileux !
Les programmes de collège : la mise en place des nouveaux programmes a commencé avec le niveau sixième depuis la rentrée 2009, le niveau cinquième en 2010 et le niveau quatrième cette rentrée, les inquiétudes pour les troisièmes sont nombreuses en histoire avec une entrée de programme délicate (« Un siècle de transformations scientifiques, technologiques, économiques et sociales »). Perplexité aggravée face à l’enseignement de l’Histoire des Arts dont nous constatons bien des différences dans les mises en oeuvre !
Certaines nouvelles entrées sont stimulantes comme cette partie en cinquième intitulée « regards sur l’Afrique », qui ne remet en rien en cause l’histoire « nationale » comme cela a été évoqué dans les médias. Les nouveaux programmes en géographie déstabilisent les collègues en raison d’un sentiment de « déspatialisation » des études au détriment du développement durable, thème très redondant dans la scolarité des élèves. Réflexion poursuivie autour de la question du récit ou de la place de l’étude de cas en Géographie.
Par ailleurs, la tentative de mise en place du livret de compétences inquiète et pas seulement dans la perspective du DNB.
Il semble pourtant qu’en lycée ce soit pire !
lncohérence et particulière impossibilité à mener et terminer sereinement les nouveaux programmes de première. Heureusement les élèves de 1ere Scientifique sont travailleurs et de bonne composition ! Ce ne sont plus des cours d’Histoire Géographie mais bien un parcours du combattant ; aussi bien pour les collègues qui travaillent à s’en rendre malades que pour des élèves qui apprennent sans espérer tout comprendre !
Est-il par exemple raisonnable de dissocier les faits économiques des évènements politiques pour les années trente en particulier et l’ensemble du XXe siècle en général ? Comment traiter de la guerre froide et des nouvelles conflictualités en 7 heures ? Comment dissocier la mise en place du régime soviétique de la première guerre mondiale ?
Enfin, l’épreuve d’histoire-géographie du baccalauréat pour les premières scientifiques ne faitelle pas courir le risque d’un nivellement par le bas de la culture générale de ces élèves ? Surtout lorsque les exigences revues à la baisse pour la composition ne semblent être que la volonté d’alléger les exigences scientifiques d’une épreuve censée sanctionner la capacité de raisonnement et de mise en ordre par écrit d’une question historique ou géographique.
Où allons-nous et pourquoi si vite ? En attendant, les élèves s’accrochent et le pourcentage de 1eres scientifiques qui demandent l’option en terminale s’annonce fort ! On aura cru réduire et simplifier autant pour faire des économies que pour rassurer des élèves surchargés de travail. Mais en fin de compte, ce sont les élèves qui demandent de ralentir, expliquer et de leur proposer de vraies compositions pour apprendre à bien argumenter et rédiger !
Monique JACOMINO – Anthony TONNERRE