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Un film de David Lambert (France)

"Hors les murs" Sortie en salles le 5 décembre 2012

Paulo, un jeune pianiste d’allure fragile, vit en couple avec Anka, vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter de luxe.

Un jour, son regard croise celui d’Ilir, un bassiste d’origine albanaise, qui fait aussi le serveur dans une brasserie.

L’attirance de l’un pour l’autre est immédiate mais face à la prudence d’Ilir, quant à s’engager dans une relation suivie, la fougue de Paulo est totale.

Paulo quitte Anka pour s’installer chez Ilir mais alors que le couple s’officialise et que tout semble s’harmoniser entre les deux garçons, Ilir disparaît mystérieusement.

Lorsque Paulo reçoit enfin des nouvelles de lui, c’est pour apprendre que son ami, incarcéré pour usage de drogue au cours d’un voyage, encourt une peine de dix-huit mois d’emprisonnement.

Paulo rend régulièrement visite à Ilir au parloir de la prison, lui fournit clandestinement la drogue qui lui permet de supporter l’enfermement, mais entre-temps, il est devenu l’amant de Grégoire, un homme mûr, gérant d’un sex-shop, auprès de qui il trouve quiétude et sérénité.

Mais un jour, lors d’une visite au parloir, Ilir demande à Paulo de cesser ses visites.

Le sujet de "Hors les murs" qui, même s’il raconte une histoire d’amour entre deux garçons, est suffisamment neutre pour s’offrir à toutes les possibilités, donner lieu à un film romantique ou cruel, ordinaire ou singulier, échappe à toutes les prévisions, pour se situer, à quelques séquences près, entre deux eaux.

On ne sait pas, au bout du compte, quel film David Lambert a voulu réaliser. Une œuvre linéaire, cruelle sans la moindre dérive narrative, douce mais privée d’émotion, ou une simple histoire d’amour, ce que "Hors les murs" n’est pas non plus.

Si cette rencontre n’est pas pour Paulo une première expérience homosexuelle (Anka n’envisage pas, quand elle a vent d’une liaison, qu’il la trompe avec une fille), rien ne laisse imaginer qu’il en soit de même pour Ilir, ce jeune coq macho dont on pourrait penser qu’il fait là une entorse à son hétérosexualité.

Cette option serait intéressante pour consolider une ligne narrative un peu trop convenue et qui relate sans originalité ni relief les premiers temps de la liaison. La fougue des enlacements, le plaisir de prendre un premier petit-déjeuner ensemble, les échanges de sourires exprimant le bonheur d’être réunis, donnent lieu à des séquences qui manquent de chair.

L’émotion n’est pas plus dans le désarroi des déambulations de Paulo après la disparition d’Ilir, que dans le parloir de la prison où le temps est compté.

Il faut attendre le dernier tiers du film, lorsque Paulo cheveux courts, costume bien coupé et lunettes d’acier, est devenu tellement méconnaissable que le contraste avec Ilir est devenu pathétique, pour que le récit prenne forme et qu’il s’en dégage, en filigrane, un certain mystère, une sorte de trouble romantique bienvenu.

David Lambert revendique " Hors les murs" comme un film personnel pour le scénario duquel il a condensé trois histoires d’amour distinctes. C’est peut-être ce brassage qui fonctionne mal ou peut-être est-ce qu’il a trop compté sur ses deux comédiens, sur leur rayonnement pour combler les vides ou la nonchalance du récit.

Or, le charisme dont fait preuve habituellement Guillaume Gouix se dilue ici dans le flou du personnage d’Ilir. Quant à Matila Malliarakis, il faut attendre la dernière partie du film (toujours elle) pour qu’il devienne vraiment convaincant.

Francis Dubois

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