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Un film de Gérard Johnson (Grande-Bretagne)

"Hyena" Sortie en salles le 6 mai 2015

Michael Logan est un officier de police corrompu qui jongle avec les trafiquants dans tous les domaines, avec une prédilection pour la drogue dont il fait une consommation personnelle abondante. Mais ses agissements illicites, qu’il semble toujours avoir contrôlés jusque-là, prennent une toute autre tournure, beaucoup plus dangereuse, depuis l’arrivée en masse d’une nouvelle sorte de gangsters sans pitié venus d’Albanie notamment.
Leur arrivée dans les trafics semble avoir modifié le paysage criminel londonien.
Alors que sa fonction et son instinct lui avaient toujours donné une longueur d’avance sur les trafiquants, il va bientôt perdre du terrain jusqu’à se trouver dans des situations de plus en plus difficiles à maitriser.

L’idée de "Hyena" est née d’une rencontre fortuite. Au cours d’une soirée, le réalisateur Gérard Johnson et son cousin Peter Ferdinando, l’interprète du personnage principal du film, rencontraient un être qui allait opérer sur eux une vraie fascination. Un fêtard à la personnalité hors du commun, le corps couvert de tatouages, avec une coupe de cheveux et une tenue vestimentaire improbables.
Ce personnage haut en couleur n’était pas une rock star, comme ils avaient pu le penser à première vue, mais un policier. Le choc a été tel que Gérard Johnson fut, sur le coup, convaincu qu’il tenait avec cette "apparition", le personnage de son prochain film.
"Hyena" est un thriller d’une grande puissance.
Il répond aux règles du genre. Les situations et les personnages sont conformes à ce qu’on attend d’un film d’action mais le film échappe à tout effet systématique, à toute séquence superflue ou complaisante, au bénéfice du personnage de Michael Logan.
La force est dans la construction de ce personnage de policier atypique, dans son charisme, dans cette puissance qui émane de sa personne mais aussi dans l’interprétation impressionnante de Peter Ferdinando.
Point n’est besoin de multiplier les séquences musclées.
Elles existent. Elles peuvent être percutantes, sanguinolentes mais si elles portent le sujet, si elles contribuent à entretenir le suspense, elles laissent toute sa place au personnage de ce policier hors normes qui réunit toutes les raisons d’inspirer l’antipathie et qui cependant, force le spectateur à le suivre dans les méandres de ses actes répréhensibles multiples.
Peut-être parce qu’il est au sein d’un fonctionnement policier perverti, il est un individu qui entretient une ligne de conduite avec un vieux reste d’intégrité. L’homme est tout entier voué à sa fonction et les écarts qu’il s’autorise, et qu’il multiplie, reviennent à une spirale contre laquelle il ne peut plus rien dorénavant, dans laquelle il est entraîné, non pas malgré lui mais parce que cette façon de fonctionner lui est devenue vitale.
Michael Logan, personnage tout en force et en ruse et qui fonctionne à l’instinct est cependant un être sacrifié. Et c’est peut-être cette fragilité au milieu de sa toute puissance qui lui donne cette ampleur, ce volume et force la sympathie.

"Hyena" donne au thriller une sorte de "coup de jeune". On est dans les règles du genre. Mais on est ailleurs et, en dépit de toutes sortes d’horreurs et de dérapages, le film est un divertissement très fréquentable et réjouissant pour ses qualités formelles.
Francis Dubois

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