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Au Théâtre 13 – Paris – jusqu’au 29 juin 2014

Jeunes metteurs en scène 2014

Pour la neuvième année consécutive, le Théâtre 13 organise un festival dédié aux jeunes metteurs en scène, ayant entre 25 et 35 ans, et dont les spectacles doivent comporter un minimum de 6 comédiens. Un jury de présélection, présidé cette année par François RANCILLAC (directeur du théâtre de l’Aquarium), composé des metteurs en scène ayant travaillé au Théâtre 13, a retenu les 6 meilleurs projets parmi les 80 qui concourent chaque année.

Les metteurs en scène sélectionnés bénéficient d’un dispositif d’accompagnement et de soutien important, avec notamment 3 semaines de répétition au Théâtre 13. Le prix du jury final (associant les principales institutions du spectacle vivant en région Ile-de-France) comprend une programmation du spectacle primé au Théâtre 13 pendant 2 semaines du 9 au 19 octobre, reprise accompagnée d’une somme de 3000€ (auxquels s’ajoutent 3200€ de la société des auteurs SACD), la participation au festival « Jeunes Pousses » à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay/Seine en mai 2015.

Pour le public, c’est l’occasion rare de découvrir le travail de jeunes metteurs en scène talentueux avec des créations originales, et, pour les spectateurs disponibles ayant choisi le ‘’Festipass’’ pour voir tous les spectacles du concours, la possibilité de participer à l’attribution du ‘’prix du public’’ ouvrant au spectacle primé 4 semaines de programmation au Théâtre du Lucernaire du 5/11 au 7/12/2014.

En outre en fin d’édition, un « coup de cœur » des chroniqueurs théâtre (prix honorifique) sera attribué par les chroniqueurs quotidiens ainsi qu’Alexandre Laurent (IDFM) et Anaïs Heluin de l’hebdomadaire Politis. La remise des prix est prévue le dimanche 29 juin à 18h (entrée libre).

Pour Colette Nucci, directrice du Théâtre 13 « Le Prix Théâtre 13 se situe à cet endroit très particulier du parcours d’un metteur en scène, où le choix d’y consacrer sa vie a été pris, mais où l’organisation de notre métier ne lui ouvre guère de portes. Ce moment très particulier où chaque création devrait l’aider à se faire repérer par le public et la profession, mais où l’accès aux théâtres est un parcours du combattant, et où les aides publique sont quasiment impossibles à obtenir. Ce moment où l’enthousiasme des premières créations ambitieuses et exigeantes rencontre la plus grande fragilité. (…) Contrairement à d’autres concours et festivals autour de la jeune création qui se sont créés depuis, le dernier tour du Prix Théâtre 13 n’est donc pas une sélection de spectacles déjà montés et repérés dans d’autres lieux, mais bien un accompagnement sur toute une saison de projets et d’artistes qui ont su, par leur talent, leur urgence, leur ambition et leur maturité, séduire le jury de présélection. (…) les candidats au Prix Théâtre 13 ne doivent justifier d’aucun profil, parcours, appartenance, parrainage ou origine géographique. »

Après

« Papiers d’Arménie ou sans retour possible  » de Caroline Safarian, mise en scène Sévane SYBESMA, les 10 et 11 juin ; l’histoire de la rencontre d’aujourd’hui entre un jeune turc et un jeune arménien, presque semblables bien qu’un fossé les sépare toujours : la mémoire. La transmission d’un héritage comme celui d’un génocide n’est pas évidente, surtout si celui-ci n’est pas reconnu…

« A l’Ouest des terres sauvages  » texte et mise en scène de Pauline BAYLE (qui est aussi comédienne dans cette création), les 13 et 14 juin, que nous avons particulièrement appréciés (voir notre article spécifique) ; six individus montent une pièce de théâtre entre les murs de la forteresse où ils sont enfermés depuis leur naissance, dans l’ignorance du monde extérieur et de leur propre passé. Après les répétitions, alors que le théâtre est plongé dans la pénombre, chacun d’entre eux revient à pas de loup sur la scène pour tenter de donner corps à ses rêves les plus intimes, individuellement d’abord, puis dans un projet collectif d’évasion…

On pourra découvrir :

« Fugue en L mineure  », texte Léonie Casthel, mise en scène Chloé SIMONEAU, les 17 et 18 juin ; « en errant seule lors d’un voyage interdit, ELLE croise er recroise les souvenirs de son père, sa sœur, ses camarades de classe, sa mère. Autour d’une jupe trop courte, le désir de séduire, la place du corps, l’amour paternel, l’interdit et l’obsession sexuelle sont évoqués comme autant de fantômes qu’ELLE laissera peu à peu derrière elle, pour revenir de sa fugue plus lucide et plus mature. »

« Ni dieu ni Diable", texte d’Augustin Billetdoux, mise en scène Julie DUQUENOY et Augustin BILLETDOUX, les 20 et 21 juin ; « à l’heure où la société produit des métiers abscons, où notre capacité d’émerveillement décline car ‘’tout devient possible’’ sans la moindre révolution en vue (…) la révolte de Régis, Michel et Anne-Marie contre l’amour terrestre et ses désillusions, leur rage contre l’intégrisme et ce que les hommes ont fait de Dieu, leur tentation du cloitre pour fuir une société matérialiste, leur tentative de donner une dimension sacrée au monde moderne, le souffle de cette jeunesse visionnaire,, ses excès et ses tourments, sa gaucherie et sa naïveté, son humour, trouvent en nous, aujourd’hui plus que jamais, un écho humaniste qui résonne au théâtre. »

« Les Vagues, l’Aurore  », texte Virginia Woolf (traduction Marguerite Yourcenar), mise en scène Joséphine de SURMONT (qui interprète aussi un des personnages), les 24 et 25 juin (accessible à partir de 12 ans) ; « à travers 6 personnages de l’enfance au crépuscule de leur vie, ‘Les Vagues’ s’attache à saisir ce présent qui n’a de cesse de nous échapper. Peindre ‘ces moments d’être’ et découvrir par les sens bien plus que par l’esprit, ce mouvement cosmique qu’est l’existence.

« Jeux de massacre  », texte d’Eugène Ionesco, mise en scène Ismaël Tifouche NIETO, les 27 et 28 juin ; « Citoyens de la ville et étrangers. Un mal inconnu s’est répandu dans notre ville, depuis quelque temps. (…) Tout d’un coup, sans cause apparente, sans avoir été malades, les gens se mettent à mourir dans les maisons, dans les églises, aux coins des rues, sur les places publiques.(…) Nous sommes accablés par une mortalité sans cause connue. Des soldats entourent la ville. Plus personne ne peut entrer et vous ne pouvez plus sortir. Il n’y aura plus de réunions publiques. Les groupes de plus de 3 personnes seront dispersés. Il est également interdit de flâner. Les habitants devront circuler 2 par 2 afin que chacun puisse surveiller l’autre… »

Le dossier de presse permet de constater deux créations intégrales du texte et de la mise en scène, la prééminence de candidates, et des parcours atypiques de la plupart de ceux et celles qui ont choisi de faire du théâtre leur métier, la moitié d’entre eux ayant obtenu antérieurement un diplôme de Sciences Po, et pas seulement un cursus littéraire et théâtral… un mariage de création artistique avec une volonté de regard approfondi sur le monde ? A suivre avec optimisme au regard de la qualité et du dynamisme constaté.
Philippe Laville

Théâtre 13 / Seine
30 rue du Chevaleret 75013 Paris
M° Bibliothèque François-Mitterrand
www.theatre13.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 88 62 22 -
Festipass 6 spectacles : 36 € (avec droit de vote pour le prix du public)

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