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Un film de Alex de la Iglesia (Espagne)

"Jour de chance" Sortie en salles le 12 décembre 2012

Roberto a eu son moment de gloire dans la publicité mais depuis quelques mois, il est sur la touche et ne parvient pas à rebondir. Sa femme le soutient dans ses recherches. Les enfants sont tous les deux étudiants mais ne volent pas encore de leurs propres ailes.

Roberto a décidé de rencontrer un vieil ami qui pourrait le dépanner provisoirement. Mais au lieu de l’accueil attendu, il a droit à un refus poli.

A la fois blessé et déconcerté, il décide, malgré l’état piteux de ses finances, d’aller retenir une chambre dans l’hôtel de luxe où le couple a, il y a vingt ans, passé sa lune de miel et d’en faire la surprise à sa femme.

Mais l’hôtel a été démoli et il y a maintenant à sa place un musée non encore ouvert au public, dont on célèbre tout juste l’inauguration. Roberto parvient à s’infiltrer mais, surpris par un gardien et déséquilibré, il se retrouve accroché à une statue qui le garde suspendu dans les airs.

Il finit par lâcher prise et tombe, quelques mètres plus bas sur une armature métallique dont une barre érigée, lui transperce le crâne.

La tige de fer n’a touché aucune région vitale mais l’hémorragie menace et il faudra improviser une zone d’intervention chirurgicale sur place.

Très vite les médias s’emparent de l’affaire et des agents de presse négocient des interviews auprès des chaînes de télévision. Les enchères montent et les sommes annoncées seront encore plus élevées si Roberto décède.

Avec " Jour de chance", Alex de le Iglesia a réalisé une tragi-comédie à caractère social en faisant de quarantenaires qui, jusque-là n’avaient connu que le confort et qui se retrouvent tout à coup face à des difficultés financières importantes, les personnages centraux. Roberto admet difficilement la nécessité qui s’impose, de rétrograder socialement et de revoir leur train de vie à la baisse

Après l’échec de l’entretien d’embauche, sa réaction est de dépenser, par pur défi, un argent qu’il n’a plus.

A partir de là tout bascule, et le récit, plus drame que comédie, prend le chemin d’une satire à la fois cruelle et simplette sur l’air du temps et la crise des valeurs.

Roberto, le crâne traversé par une barre métallique, se laisse séduire par les sommes d’argent que des "charognards" lui font miroiter en retour d’une interview qui pourrait passer en prime-time à la télévision. Il garde la tête assez froide pour voir dans la bonne exploitation de la situation un moyen de régler ses problèmes pécuniaires ; et on le voit s’angoisser plus face au temps qui passe et menace les délais imposés par les programmes télévisuels que par le morceau de métal qui occupe son crâne.

Le récit, dès lors, passe par des épisodes et des personnages outranciers qui réduisent le propos du film et au moment où la tragédie devient imminente, c’est la comédie qui prend l’avantage.

Le renoncement du fils à ses godillots cloutés, l’accord de la jeune journaliste pour renoncer à l’exploitation médiatique de son entretien avec Roberto par pure bonté d’âme, le charognard bafoué par la dignité de la veuve, tout cela aurait mérité un autre traitement et plus de nuances.

On ne peut pas reprocher à l’histoire de faire triompher le bien sur le mal mais il finit par planer, au fur et à mesure qu’on avance, une morale triomphante à tout prix beaucoup trop lisible.

Francis Dubois

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