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Un film de Rajko Grlic (Serbie Croatie Slovénie)

"Juste entre nous" Sortie en salles le 11 mai 2011

Selon des sociologues l’adultère tiendrait à la fois à l’envie de se sentir exister, à l’excitation de transgresser la loi et au danger de traverser l’inconnu.
C’est sans doute ce qui explique les incertitudes amoureuses de Braco et ce qui a mis Nikola sur le chemin d’une double vie quasi acrobatique.
Les deux frères sont proches, complices, encore potaches malgré la quarantaine et ils se connaissent sur le bout des doigts.

© Kanibal Films Distribution

Latica voudrait un enfant avant qu’elle ne soit trop âgée pour une première grossesse, mais les spermatozoïdes de Nikola sont paresseux et le voilà réduit à éjaculer dans un flacon pour multiplier les chances de fécondation. Or, à la suite de la mort du vieux père, après une nuit de beuverie, c’est Braco qui, comme on fait une bonne blague, utilisera le flacon. A la suite de quoi, Latica se retrouvera enfin enceinte.
"Juste entre nous" est un film qui ne mâche pas ses mots et n’épargne aucun de ses personnages, peut-être pour mieux les rendre attachants. Qui met chacun d’eux face à sa lâcheté, à ses trahisons, à ses petits calculs et autres mensonges. Et c’est cette façon frontale d’aborder le sujet et ses multiples ramifications qui font de ce film risqué une comédie grinçante, réjouissante et toujours élégante.
Même si aucun des personnages n’est épargné, chacun d’entre eux est un privilégié du récit et les femmes, bien que bafouées, délaissées ou trompées, ont la part belle et leur ténacité à protéger leur périmètre affectif, sera payée de retour.
Et si le soir de Noël, dans la livraison du traiteur, il manquait la salade, Nikola en courant vers le dernier commerce ouvert, ne savait pas qu’il croiserait la mignonne petite marchande de sapins et que l’un et l’autre, au même moment, allaient se trouver saisis du même désir irrépressible.
Et pendant que Nicola faisait le constat de sa sexualité intacte, chevauché par la jeune femme, le temps se sera écoulé et Latica qui, lassée d’attendre, aura fini par réveillonner seule, lui réservera, à son retour, un accueil à la hauteur de sa goujaterie.
Dans "Juste entre nous", l’amour est là pour faire la part belle aux vrais sentiments, aux racines familiales, à la morale du couple et celui qui se lance dans des aventures parallèles ne se départit jamais de sa bonhomie, d’une certaine droiture et de la plus sincère des générosités.
Tous les comédiens du film sont épatants pour jouer cette partition polyphonique mais Miki Manojlovic, qui interprète Nikola, est particulièrement grandiose pour exprimer les faiblesses d’un homme tenté par tout ce qui est proscrit. Et en même temps qu’il garde le cap de ses tentations, chacun de ses regards, chacun de ses sourires, le plus simple de ses gestes est une incitation au pardon et à l’indulgence. Il est d’un bout à l’autre bouleversant et, en même temps, tellement drôle en cocker repentant.
A ne pas manquer.
Francis Dubois

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