Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

"L’Appel des arènes" Un film de Cheikh A Ndiaye - sortie en salles le 4 juin 2008

Nalla et Sory sont deux jeunes dakarois issus de milieux sociaux très différents. Nalla vient d’une famille aisée tandis que Sory, chômeur épileptique vit de petits trafics et de paris douteux. Le seul point qui pourrait les rapprocher, c’est la lutte traditionnelle, sport national au Sénégal.

André est l’entraîneur d’un grand champion qui doit se produire dans les arènes. C’est lui qui intervient lorsque Nalla est agressé par un groupe de jeunes. L’incident et l’intervention d’André donneront naissance à une belle et solide amitié. Nalla, au contact d’André, va prendre part à la préparation des matches de combats, notamment celui qui doit voir s’affronter les champions Tonnerre et Malaw. L’appel des arènes nous fait accéder au quotidien des lutteurs mais aussi et surtout à l’effervescence qu’engendre les futurs combats auprès de toute une population qui en est friande. Il y a aussi le monde qui gravite autour des lutteurs pendant le temps de la préparation et jusqu’au combat, les marabouts attitrés des lutteurs, mi-chamanes mi sorciers. Le décorum qui accompagne les entraînements et qui contribue à stimuler l’imaginaire du public. L’utilisation de lait caillé, de décoctions, le dépôt d’offrandes : noix de colas et autres boissons mystiques.
Le caractère spectaculaire de ce sport, les itinéraires en parallèle de Nalla et de Sory, l’amitié qui naît entre André et Nalla, les valeurs traditionnelles d’un sport qui peut passionner toute une population sont les grands traits du film.
L’appel des arènes progresse de façon désordonnée, avec souvent une certaine maladresse dans l’enchaînement des différents moments du récit et dans les articulations documentaire-fiction. Maladresse qui prend des accents de sincérité, d’authenticité et qui, du coup, tord le cou à tout risque de didactisme, de démonstration et de bons sentiments. Tout à coup, les choses coulent de source et cette narration par à-coups prend une étonnante fluidité.
L’appel des arènes est un film sincère et vrai, dont on ressort ému et content.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Laissez bronzer les cadavres »
    Au bord de la Méditerranée, en plein été, sous un soleil de plomb. Pour cacher leur butin, deux cent cinquante kilos d’or en barre, fruit de l’attaque d’un fourgon, Rhino et ses comparses ont trouvé... Lire la suite (15 octobre)
  • « Bricks »
    La fabrication des briques espagnoles incarne la réussite puis la faillite économique d’un pays. La destruction d’un matériau symbolique sacrifié par la crise, par l’abandon de chantiers de... Lire la suite (15 octobre)
  • « The square »
    Christian est un homme divorcé qui aimerait consacrer plus de temps à ses deux jeunes enfants. Conservateur d’un musée destiné à exposer des œuvres d’art contemporain, il appartient à cette catégorie... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’Assemblée »
    Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement « Nuit Debout ». Ce seront, au quotidien et pendant trois mois, des rassemblements pacifistes qui ne sont pas des manifestations de... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’école buissonnière »
    Paul, une douzaine d’années, a toujours vécu entre les murs d’un orphelinat. Lorsqu’il est confié à Célestine, une dame de la campagne, sa vie va totalement changer. Célestine qui sert au château est... Lire la suite (11 octobre)