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Un film d’ Ivan Calbérac (France)

"L’étudiante et Monsieur Henri" Sortie en salles le 7 octobre 2015

Monsieur Henri vit seul avec ses secrets depuis que sa femme est morte il y a vingt ans. Il occupe un vaste appartement dont il n’utilise que quelques pièces.

Son fils, très occupé, souhaiterait qu’il loue une chambre à une personne dont la présence, même épisodique, pourrait le distraire et à l’occasion veiller sur son état de santé.

Mais Monsieur Henri est un profond misanthrope qui ne voit pas d’un bon œil quelqu’un pénétrer dans son univers et venir bousculer le cours de ses habitudes.

C’est ainsi qu’il reçoit très mal Constance, une étudiante qui se présente comme candidate locataire et a fui Orléans et une famille de petits commerçants rétrogrades.

Monsieur Henri accepte de prendre Constance à l’essai.

Les premiers temps de la cohabitation sont houleux mais le vieil homme découvre face à lui une jeune fille au caractère bien trempé qui peut, le cas échéant, lui tenir tête. Les réparties et la forte personnalité de Constance ne sont pas pour lui déplaire.

Des liens finissent par se tisser entre les deux protagonistes même s’ils sont l’un et l’autre, les parfaits représentants de leur génération.

Et monsieur Henri qui n’a aucune sympathie pour sa bru verrait bien son fils se lier à Constance. Il met en demeure la jeune fille de séduire Paul…

Or, celui-ci, même s’il montre peu de dispositions pour l’infidélité conjugale, n’est pas tout à fait insensible à la jeune locataire de son père.

Cinéma : l'étudiante et Monsieur Henri

Ivan Calbérac avait initialement écrit "L’étudiante et Monsieur Henri " pour le théâtre et c’est la raison pour laquelle le film, qui fonctionne selon les codes du boulevard sans pouvoir en assumer la tonalité particulière, reste à la traîne de ses ambitions.

Ce qui, à l’écriture peut fonctionner au théâtre ne fonctionne pas forcément au cinéma et " L’étudiante et Monsieur Henri " en est la preuve.

Le film souffre des articulations boiteuses dans le cours de son tracé narratif.

Autant on imagine bien sur le plateau d’un théâtre de boulevard le vieil homme proposant à sa locataire de séduire son fils pour le débarrasser d’une bru indésirable, autant le ressort dramatique ne fonctionne pas à l’écran et même dans le cas d’une comédie, le genre que revendique Ivan Calbérac et que son film n’est pas vraiment.

Il en résulte un film à l’ancienne avec des personnages attendus et des comédiens sur mesure choisis pour ne pas prendre le moindre risque d’un contre-emploi. Un Claude Brasseur à la voix grave et profonde joue une partition sans surprise. Et du coup, Guillaume de Tonquédec passe au rang des interprètes vieillots en restant prisonnier du carcan de son personnage.

Reste une jeune comédienne nouvelle venue dont c’est le premier rôle important au cinéma. Noémie Schmidt a beau avoir beaucoup de fraîcheur, de la présence et un indéniable talent, elle ne parvient pas à venir à bout d’un personnage qui la cadenasse.

Sans parler de Frédérique Bel condamnée (sauf chez Emmanuel Mouret) à des rôles d’idiote. Ce que le film bien entendu, ne dément pas.

Au final, une réalisation terne et sans beaucoup d’aspérités auxquelles se raccrocher.

Francis Dubois

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