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La fin de CULTURE LYCEE ?

REFORME DU LYCEE : Le dispositif CINE LYCEE, renommé CULTURE LYCEE après l’élargissement de son offre de programmes, remis en question par un rapport de l’Inspection générale.

Lancée en octobre 2010, la plateforme de téléchargement des programmes audiovisuels destinée aux établissements scolaires arrive au terme de son contrat de 3 ans avec France Télévisions en juin 2013.

Un rapport conjoint IGEN / IGAENR commandé par le Ministre de l’Education Nationale à Patrick Laudet et Jean-Marc Goursolas, publié en février 2013, analyse en 12 pages, objectivement et de manière détaillée, les raisons de cet échec. Il est téléchargeable en suivant ce lien : http://www.education.gouv.fr/cid67062/plateforme-culture-lycee.html

Selon ce rapport, le bilan du fonctionnement* de la plateforme est calamiteux : si 24,07 % des établissements ont organisé au moins une séance en 3 ans, seuls 1,18 % des lycéens (LGT, LP, publics et privés) sont inscrits au dispositif. Le coût complet pour le seul ministère de l’Education Nationale s’établit à 932 472 euros, et à 1 380 928 euros si l’on tient compte du financement de France Télévision, ce qui équivaut à un prix de la place considérable, alors que si l’ensemble des lycéens (soit environ 2 millions d’élèves) en avait bénéficié, ne serait-ce qu’une fois durant la période, le coût de la projection aurait été inférieur à 0,50 euros par élève.
Pourquoi cet échec ? Initialement pensée pour mettre à la disposition des élèves un catalogue de 200 films, la mise en place précipitée s’est heurtée à plusieurs difficultés.

Liée au CVL et conçue pour animer la vie scolaire des établissements, la plateforme n’a pas été présentée aux enseignants comme une ressource pédagogique. Ils ne s’y sont donc pas impliqués. D’abord perçue comme un dispositif concurrent des opérations « Lycéens et apprentis au cinéma », elle a aussi rencontré l’hostilité des professionnels qui travaillent depuis de nombreuses années avec les établissements scolaires. Des difficultés techniques, liées au téléchargement (serveur peu performant, décalage son image, mauvaise qualité du film, pas de possibilité de faire de l’analyse de film car pas de fonction « pause » possible..), à la programmation mensuelle contraignante, à l’impossibilité de trouver des plages horaires dans un emploi du temps surchargé depuis la réforme du lycée, ont fait le reste…

Le rapport préconise une meilleure adéquation entre les besoins des établissements scolaires et le coût de cette offre de formation, envisageant éventuellement des supports matériels pour les films (DVD fournis par l’ADAV) et la définition de missions précises aux différents acteurs du dispositif.

* Tous les chiffres proviennent du rapport rédigé par Patrick Laudet (IGEN Lettres chargé du cinéma) et Jean-Marc Goursolas (IGAENR), publié en février 2013.

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