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Un film à faire connaître de Mathieu Vadepied (France 2015)

"La Vie en grand" Sortie en salles le 16 septembre 2015

Adama est un adolescent de 14 ans. Il vit avec sa mère dans un petit deux-pièces en banlieue parisienne. Il est en échec scolaire même si c’est un élève prometteur. Avec Mamadou, plus jeune que lui, ils vont inverser le cours de leurs vies.
culture/cinéma Ce film est un conte moderne. Conte car certains enchainements sont impossibles, certaines séquences tiennent du rêve. Mais c’est aussi un film très ancré sur la réalité de la vie quotidienne des jeunes d’une cité du point de vue de 2 adolescents. Rarement, ce monde est montré ainsi au cinéma : pas d’angélisme, pas non plus d’exagération de la violence. Ce n’est pas un film sur la vie dans la cité mais Adama et son compère Mamadou circulent dans cet espace, qui est donc filmé comme il est, tout simplement.

Adama est un ado, une partie de sa vie c’est évidemment sa famille. Il habite avec sa mère qui a décohabité d’avec son père. Là encore, toute la complexité de la situation est montrée en filigrane de son histoire. Le courage de la maman, la difficulté de trouver du travail, l’incompréhension de ne plus pouvoir habiter tous ensemble, le renvoi au pays d’un grand frère qui tourne mal, l’envie de faire plaisir et d’aider la mère qu’il respecte profondément, la solitude de se retrouver seul dans l’appartement en attendant le retour de sa mère qui travaille en horaires décalés : tout un monde complexe, inconnu de beaucoup de spectateurs.

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La Vie en grand (c) 2015 Unité de Production - Ten Films - Gaumont

Adama est aussi un élève. Une partie de sa vie c’est donc le collège. Le réalisateur a réussi à filmer la vie de ce collège, des élèves mais aussi des professeurs qui suivent Adama avec finesse et réalisme.

Pas de caricature sur l’école, pour une fois. Ici on montre la complexité du rapport à l’école de cet ado ; comment les professeurs, la CPE doivent en permanence garder des exigences fortes tout en tentant d’aider Adama à ne pas perdre pied scolairement. Le collège est perçu par Adama comme un lieu refuge, protégé de la violence de l’extérieur. Il découvre une culture qu’il ne connaît pas ; il se plie aux règles de l’école qu’il accepte tout en essayant par instant de se jouer de l’institution. Certains instants du film sont magiques.

Tout n’est pas réaliste dans la description de l’école, c’est un conte. Mais on peut imaginer la projection du film devant de futur-es enseignant-es et/ou de néo-titulaires. Ainsi on pourrait analyser le rôle, la posture de chacun-e : CPE, Professeur-es, Professeur Principal.

Des critiques publiées ces dernières semaines, il ressort que l’école de la République est merveilleuse, c’est déjà un point très positif, à l’heure où tout un chacun stigmatise l’éducation nationale et où tout le monde sait ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire…

Dépêchez-vous d’aller voir ce film
Catherine Manciaux

Présenté et apprécié en clôture de la semaine de la critique du festival de Cannes 2015 - voir notamment articles dans Le Monde des 23 et 24 mai - ce film a néanmoins une diffusion réduite et a vraiment besoin de notre soutien. PL
Le réalisateur – dont c’est le premier long métrage après avoir été auparavant le chef opérateur d’« Intouchables »- peut se déplacer pour un débat après la projection du film. Vous pouvez demander au cinéma de votre quartier qui contactera Gaumont.
Le réalisateur peut aussi intervenir directement dans les collèges.
Il le fait déjà en Ile de France et en province. N’hésitez pas !

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