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Un film de Laura Morante (France)

"La cerise sur le gâteau" Sortie en salles le 2 mai 2012

Amanda a une peur maladive des hommes et toutes les chances d’avoir une relation suivie avec l’un ou l’autre est vouée à l’échec. La seule histoire qui résistait à sa phobie était avec Bertrand mais celui-ci, au cours du repas d’anniversaire de leur rencontre, commet l’erreur fatale de manger l’unique cerise qui trônait au sommet du gâteau.

Elle aurait bien passé en solitaire le réveillon du nouvel an, si son amie Florence ne l’avait poussée à accepter une invitation à une soirée en lui garantissant qu’il n’y aurait que des couples et que Maxime, le seul célibataire présent, serait sans danger pour elle puisqu’il est homosexuel.

Or, au dernier moment, Maxime décide d’aller rejoindre un amant à Amsterdam et c’est Antoine, un homme dépressif, en pleine rupture conjugale, qui va venir à sa place.

Amanda, victime du quiproquo, va se laisser séduire par Antoine chez qui elle décèle toutes sortes de preuves de son homosexualité.

Laura Morante est une comédienne d’origine italienne que la critique salue à chacune de ses apparitions dans des productions françaises, italiennes, chez Bertolucci, Moretti, Malkovitch ou Resnais pour ne citer que ces réalisateurs.

Elle est également dialoguiste, scénariste, et est issue d’une famille de journaliste ou d’écrivain célèbres.

Pour son premier long métrage, elle s’est entourée de comédiens talentueux et sympathiques, d’Isabelle Carré à Pascal Elbé, et a choisi, pour son sujet, le ton de la comédie sur fond de quiproquo.

Elle y a visiblement mis tout son cœur, elle a ciselé les dialogues, imaginé des situations cocasses, dessiné du mieux possible ses personnages.

Alors, pourquoi tous ces avantages donnent-ils au final une comédie pâlotte et laborieuse, un peu forcée ? Sans doute qu’à force de peaufiner les protagonistes de son récit, elle est insensiblement parvenue au cliché.

La vieille copine bonne pâte et le cœur sur la main qui met naïvement en place un plan de sauvetage n’est pas ici renouvelée, et Isabelle Carré, primesautière, n’y peut rien. L’homme au regard d’épagneul, blessé par la vie et qui ne veut pas, après un échec conjugal, se risquer dans une nouvelle relation, n’est pas non plus très innovant. Quant au personnage de l’androphobe survoltée et irascible que joue Laura Morante elle-même, il a tôt fait d’épuiser ses ressources.

" La cerise sur le gâteau" est pourtant un film qu’on voudrait aimer et dont on regrette qu’il ne nous emporte pas, qu’il ne réagisse pas à l’évidente énergie qu’y a mis sa réalisatrice et on se retrouve un peu à la peine, face à un résultat en deçà des ambitions du projet.

Ceci dit, le film se regarde sans déplaisir et chaque fois qu’une scène fait mouche, ou une simple réplique, on a envie d’applaudir au film qu’il aurait pu être, avec pas grand-chose de plus ou…pas grand choses de moins.

Francis Dubois

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