Actualité théâtrale

Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 17 mars 2012

"La dame de la mer"

"La dame de la mer" de Henrik Ibsen

Mise en scène Claude Baque

Ellida était la fille du gardien du phare. Après la mort de son père, elle a épousé le Docteur Wangel, un homme beaucoup plus âgé qu’elle.

Le couple est allé vivre loin de la mer, dans la région des fjords et l’enfant qu’ils ont eu n’a vécu que quelques mois.

Depuis, éloignée de la mer, son élément vital, elle a sombré dans la mélancolie. Mais, pour celle qu’on a surnommée dans la région, la dame de la mer, l’éloignement et la perte de son enfant ne sont pas les seules raisons de sa tristesse.

L’arrivée d’Arnholm, le précepteur des filles de Wangel va révéler qu’Ellida aimait un autre homme, un marin, dont on a cru qu’il avait péri au cours d’un naufrage et avec qui la jeune femme avait conclu un pacte d’amour et de fidélité.

Lorsque l’étranger réapparaît, Ellida est mise au pied au pied du mur.

"La dame de la mer" compte, dans l’œuvre d’Ibsen, parmi "Les drames modernes", cette douzaine de pièces qu’il écrivit entre 1877 et 1899, au rythme d’une tous les deux ans.

Il s’agit de la seule ayant une fin heureuse et morale. Un dénouement qui fit débat parce qu’il était en rupture avec un Ibsen dont les autres textes, beaucoup plus noirs, annonçaient les désastres du siècle à venir.

La mise en scène de Claude Baque à qui l’on doit aussi la traduction, puise son originalité dans une scénographie inattendue, un dispositif aquatique qui était peut-être une bonne idée mais qui freine considérablement les comédiens dans leurs déplacements et finit par nuire à une fluidité de l’ensemble.

Elle est contrastée et multiplie les ruptures de ton bienvenues, que l’on doit au jeu inspiré de certains comédiens, à des fulgurances adroitement décalées, comme la scène de la demande en mariage à Bolette par le professeur Amholm, à la présence nonchalante et irrésistible de Nicolas Maury dans le rôle de l’aspirant artiste, Lyngstrand.

Mais que dire de la chanteuse Camille dans le rôle-titre ? Qu’elle n’est pas une comédienne chevronnée, soit. Mais que sa présence fragile et incertaine, ses maladresses, ses difficultés à monter la voix, finissent par produire un charme autour de son personnage. Et si l’on ajoute à sa silhouette fluide les courtes parties musicales qu’elle a composées, ses chants dans une langue qui pourrait être du norvégien, on en arriva à se dire que les premiers pas de cette chanteuse consacrée au théâtre, sont plutôt convaincants.

Il reste à saluer son courage pour s’être risquée dans une aventure théâtrale qui était loin d’être acquise. De plus, sa présence à l’affiche, qui attire un public de jeunes gens, sera l’occasion pour eux de découvrir Henrik Ibsen.

Francis Dubois

Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis Boulevard de La Chapelle 75010 Paris

www.bouffesdunord.com

Réservations au 01 46 07 34 50

Spectacle en tournée

Le 20 mars 2012 Théâtre Simone Signoret Conflans-Sainte-Honorine

Le 22 mars 2012 Théâtre des Jacobins Dinan

Le 24 mars 2012 Théâtre en Dracénie Draguignan

Le 26 mars 2012 Théâtre de l’Olivier à Istres

Le 28 mars 2012 Théâtre Jean Vilar Bourgoin Jallieu

Le 30 mars 2012 Théâtre de Chelles à Chelles

Une autre tournée aura lieu en novembre 2012 et Avril-Mai 2013

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La famille royale »
    Inspirée du roman éponyme de William T. Vollmann, cette vaste fresque dresse le portrait d’une Amérique coupée en deux, le monde des affaires, du show-business, des casinos et de la finance d’un côté,... Lire la suite (16 octobre)
  • « La danse de mort » d’August Strindberg .
    Dans une citadelle, sur une île de garnison, vivent reclus dans un décor gris un officier intègre et autoritaire et sa femme, Alice, une ancienne actrice qui a laissé derrière son passé et dont les... Lire la suite (13 octobre)
  • « La mort de Tintagiles »
    « La mort est une force extérieure qui empêche tout mouvement qui s’oppose à elle. L’amour est une force intérieure qui incite à agir contre la mort ». Le texte de Maurice Maeterlinck, conte initiatique... Lire la suite (10 octobre)
  • « Mme Klein »
    À Londres en 1934, Mélanie Klein, que l’on peut considérer comme l’une des premières psychanalystes pour enfant dans les années 1920, vient d’apprendre la mort de son fils Hans à Budapest. Naturalisée... Lire la suite (9 octobre)
  • « Non, c’est pas ça ! (Treplev Variations) »
    Ils sont trois sur scène, une femme et deux hommes, ils devaient être treize et jouer La mouette , mais l’un d’eux, le metteur en scène probablement, s’est suicidé. Ils ont décidé de continuer le... Lire la suite (7 octobre)