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Un film de Nabil Ben Yadir (France)

"La marche" Sortie en salles le 27 novembre 2013.

En 1983, à la suite d’une bavure policière dont est victime un jeune français d’origine maghrébine, à un moment où la France est en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois adolescents, un prêtre ouvrier, un fromager à la retraite et un jeune oisif, résidents des Minguettes, entament une marche pacifique sur plus de mille kilomètres entre Marseille et Paris.

En dépit des difficultés et des résistances rencontrées, leur initiative va déboucher sur un véritable élan d’espoir, à la manière de Gandhi et Martin Luther King.

Ils réuniront, à leur arrivée à Paris le 3 décembre, devant la gare Montparnasse, plus de 100 000 sympathisants venus de tous horizons et les responsables seront reçus en audience par le Président Mitterrand.

Sur la banderole de départ, on peut lire "Marche pour l’égalité et contre le racisme".

Ils sont cinq, suivis par la camionnette de René à demi convaincu du bien-fondé de l’action. Seul, le prêtre Dubois et Mohamed (la victime de la bavure policière) entreprennent cette marche avec une vraie détermination. Claire est là en tant que journaliste. Sylvain est en stand-by. S’ajouteront bientôt à la marche, Keira (une authentique militante) et sa nièce Monia, une étudiante.

Aux moments d’enthousiasme succéderont des moments de découragement. Aux élans de solidarité, des dissensions, des querelles, des oppositions.

Le chemin sera semé d’embûches et le petit groupe de marcheurs rencontrera sur sa route autant d’encouragements que d’hostilité.

Le film de Nabil Ben Yadir s’inspire de faits réels. La marche entreprise par cette poignée d’hommes et de femmes s’est faite à l’initiative de Christian Delorme, un prêtre intervenant en milieu ouvrier, et plus particulièrement auprès de la population maghrébine, autour de la paroisse de Saint-Fons, commune limitrophe du quartier des Minguettes.

Celui-ci connaissait Toumi, le jeune homme atteint par une balle tirée par un policier, le 20 juin 1983, dont le bruit avait couru dans un premier temps qu’il avait succombé.

C’est à partir de cette bavure qu’a eu lieu cette initiative en référence à "La Marche du sel" conduite par Gandhi que beaucoup avait découverte dans le film de Richard Attenborough, sorti dans le même temps.

Le film est respectueux des événements dont il s’est inspiré. L’enchaînement des séquences est construit de telle sorte que l’intérêt narratif ne faiblit jamais.

Les comédiens prennent le relais de la mise en scène dans son efficacité. Olivier Gourmet (quoique plus âgé que Christian Delorme) est épatant. Sont très convaincants Lubna Azabal (Kheira) et Philippe Nahon (René, le fromager).

Chacun des jeunes comédiens prend à bras le corps sa partition pour amener le film à atteindre son objectif : une belle démonstration d’humanité qui garde le cap de l’émotion sans jamais tomber dans la sensiblerie.

Trente ans plus tard, où en sommes-nous ?

Avons-nous sur ce point, avancé ou fait machine arrière ?

Francis Dubois

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