US Magazine 763 du 11 juin 2016

La réforme masquée du lycée

De nouvelles règles organisent désormais la fin du redoublement tout au long de la scolarité, d’autres instituent la conservation des notes supérieures à 10 et des « modalités adaptées de parcours » l’année qui suit un échec au bac.

Cet ensemble de mesures semble faire sens car il pose les principes d’une nouvelle conception du lycée.

Pour les doublants de Terminale, la politique du fait accompli a dominé afin de promouvoir un enseignement à la carte, sans considération pour l’organisation des enseignements, de la vie scolaire et la préparation à la poursuite d’études. En conservant leur note, les élèves ont parfois pu s’affranchir dès cette année de suivre certains cours au gré de décisions locales.

Faute d’anticipation et d’information, ce décret a donc donné lieu à des interprétations très variables, au risque d’hypothéquer lourdement l’orientation post- bac des élèves concernés.

Quel rôle pour le professeur principal

En fin de Seconde, il est maintenant obligatoire de proposer l’une des Premières des voies technologique et générale. En cas de désaccord avec cette proposition, les parents d’élèves peuvent éventuellement demander le « maintien » , autre nom du redoublement. C’est une forme de renversement de principes qui déconnecte le choix d’orientation de l’évaluation des apprentissages et de l’avis du conseil de classe. Pour autant, il n’y aura aucun moyen supplémentaire pour prendre en charge les élèves en grande difficulté scolaire, orientés par défaut en Première. Que penser du rôle du professeur principal dans ces conditions ? Les dispositions qui privent ainsi les équipes éducatives de possibilités de peser sur des décisions d’ordre pédagogique mettent forcément en cause l’expertise professionnelle de ceux dont le métier est d’enseigner et d’éduquer. Quelle place pour les enseignants, CO-Psy et CPE dans un lycée où la priorité aux apprentissages s’effacerait peu à peu au profit d’une logique d’accompagnement et de gestion de flux ? Le SNES- FSU demande donc en urgence la réécriture des décrets sur le redoublement.

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