Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

un film de Pablo Fendrik (Argentine)

"La sangre brota" Sortie en salles le 29 avril

Arturo, un chauffeur de taxi de soixante ans, doit réunir deux mille dollars dans les vingt quatre heures s’il veut tirer d’un mauvais pas son fils aîné, parti quatre années plus tôt, par sa faute, s’installer à Houston.
Sa femme, Irène, craint que pour cela et pour racheter son attitude passée, il n’aille puiser dans les économies du couple.
Le même jour, Léandro, leur fils cadet projette de voler le maigre magot de ses parents pour se procurer la drogue qu’il revendra sur la côte afin d’acheter le billet d’avion qui lui permettra d’aller rejoindre son frère…
"El Asaltante", le premier film de Pablo Fendrik était une œuvre personnelle, et prometteuse, dont l’action énigmatique et passionnante suivait, le temps d’une matinée, les déambulations d’un homme entre deux hold-up mineurs. Avec "La sangre brota" le temps de l’action est limité à une journée au cours de laquelle les itinéraires de plusieurs individus inquiets et inquiétants, se recoupent.
Trois présences marquent plus spécialement un récit tour à tour syncopé et fluide. Celle d’Arturo, le père, visage impassible, silencieux et déterminé. Celle de Léandro, garçon impatient, pressé de vivre auquel est associée celle, étrange, à la fois angélique et vénéneuse, d’une toute jeune fille à la dérive. SNES_LaSangreBrota
Pablo Fendrik filme dans la lumière blanche ou dans des éclairages contrastés le chassé croisé de personnages en état de survie et de dépendance. Moments chargés de violence, animés pour chacun d’un désir urgent de délivrance ou de jouissance. Dépendance à la drogue mais aussi à l’argent, à l’évasion, à l’image mythique d’un ailleurs mythifié.
Les liens qui unissent les protagonistes tiennent à la fois du rejet et de l’attirance. La cellule familiale est présentée ici comme un bain de macération nocive, propre dans des circonstances de rupture, à transformer ses membres en prédateurs et à engendrer dans l’impatience d’un meilleur, des réactions de survie primaires.
Les forces qui animent ici les personnages sont incontrôlables, parfois barbares et le talent de Pablo Fendrik réside dans sa façon de dépasser une réalité palpable et douloureuse pour conduire le récit et ses personnages dans une dimension plus protégée, aux limites du fantastique.
"La sangre brota" est un beau film dont le récit fiévreux et tendu confirme le talent d’un jeune réalisateur qui vient grossir les rangs de ceux qui composent le nouveau cinéma argentin.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Tous les rêves du monde »
    Pamela est une jeune fille portugaise de la deuxième génération. Elle vit en France et elle est parfaitement intégrée à la société française. Cependant, très attachée à sa famille restée fidèle à la... Lire la suite (20 octobre)
  • « Laissez bronzer les cadavres »
    Au bord de la Méditerranée, en plein été, sous un soleil de plomb. Pour cacher leur butin, deux cent cinquante kilos d’or en barre, fruit de l’attaque d’un fourgon, Rhino et ses comparses ont trouvé... Lire la suite (15 octobre)
  • « Bricks »
    La fabrication des briques espagnoles incarne la réussite puis la faillite économique d’un pays. La destruction d’un matériau symbolique sacrifié par la crise, par l’abandon de chantiers de... Lire la suite (15 octobre)
  • « The square »
    Christian est un homme divorcé qui aimerait consacrer plus de temps à ses deux jeunes enfants. Conservateur d’un musée destiné à exposer des œuvres d’art contemporain, il appartient à cette catégorie... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’Assemblée »
    Le 31 mars 2016, place de la République à Paris, naît le mouvement « Nuit Debout ». Ce seront, au quotidien et pendant trois mois, des rassemblements pacifistes qui ne sont pas des manifestations de... Lire la suite (14 octobre)