Ils ont dit

La titularisation des non-titulaires ? Chiche, Monsieur le président !

Interrogé hier, lundi 25 janvier, par un enseignant non-titulaire dans l’émission « Paroles de français », le président de la République a jugé « la situation des contractuels de la fonction publique profondément anormale » et s’est dit « prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels pour ne pas les laisser dans une situation de précarité ».

La revendication portée par le SNES et la FSU, et écartée par le ministre de la Fonction publique au printemps dernier, serait elle en voie d’aboutir ?

Les agents non titulaires sont près d’un million dans les trois versants de la Fonction publique. La loi « mobilité » adoptée cet été élargit les cas de recours à des agents contractuels, et permet aux administrations de faire appel à l’intérim.

Le non remplacement d’un départ en retraite sur deux depuis 2007 a considérablement réduit le nombre des non titulaires titularisés par la réussite aux concours, seule voie existante actuellement. Il a aussi conduit à multiplier le recours aux vacations pour le remplacement dans le second degré, dégradant considérablement les conditions d’emploi et de vie des ces agents , à tel point que le médiateur de la République a dû intervenir auprès du ministre à l’automne 2008.

Il y a urgence à revenir sur le dogme des suppressions d’emplois, à porter les recrutements à hauteur des besoins, à négocier un plan de titularisation dans les corps de la Fonction publique et des règles collectives de gestion des non titulaires qui améliorent immédiatement la situation et la rémunération des non titulaires. Le SNES récuserait toute volonté ministérielle d’utiliser les CDI comme voie de titularisation.

Dans un communiqué de presse du 26 Janvier 2010, la FSU (première fédération de la fonction publique d’état, dont le SNES fait partie) a aussitôt réagi à ces propos :

" [...] Quant à sa critique du recours aux contractuels dans la fonction publique et son affirmation qu’il est prêt à envisager une titularisation "progressive" des contractuels, la FSU qui depuis longtemps se bat pour que soit prise en compte la situation des précaires est prête à discuter sans délai d’un plan de résorption de la précarité.

En effet les agents non titulaires sont près d’un million dans les trois versants de la Fonction publique et représentaient en 2007 14% des personnels dans la Fonction publique de l’État, 21% dans la territoriale, 14% dans l’hospitalière.

Dans l’Education le recours aux contrats aidés très courts, et aux vacations d’enseignement, a dégradé considérablement les conditions d’emploi et de vie des ces agents, à tel point que le médiateur de la République a dû intervenir auprès du ministre de l’éducation nationale à l’automne 2008 !

Mais une vraie politique de résorption implique que l’on revienne sur la loi "mobilité" dans la fonction publique qui, entre autres, facilite le recours aux non-titulaires et va jusqu’à permettre le recours à l’interim ; elle implique également que le gouvernement mette fin aux suppressions d’emploi et aux réductions de postes aux concours dont le président a confirmé la poursuite.

Tout cela montre la nécessité de poursuivre les mobilisations.

Après la grève du 21 dans la Fonction Publique, les mouvements à la culture, aux finances..., la FSU appelle les personnels de l’éducation et de la recherche à participer massivement à la manifestation nationale qu’elle organise le samedi 30 janvier."

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Le site nouvel obs.com s’est fait l’écho de la demande de la FSU :

Social

Titularisation des contractuels : "chiche", lance la FSU à Nicolas Sarkozy

AP | 26.01.2010 | 13:26

"Cp>"Chiche !", a lancé mardi le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri après que Nicolas Sarkozy se soit déclaré prêt à "envisager la titularisation progressive des contractuels" de la Fonction publique, notamment à l’Education nationale.

"Je suis tout à fait prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels pour ne pas les laisser en situation de précarité", a déclaré le président de la République lundi soir lors de son intervention télévisée sur TF1.

M. Sarkozy était interrogé par un enseignant contractuel qui se plaignait de sa situation précaire renouvelée d’année en année depuis six ans, sans titularisation. Estimant la situation de ces personnels "profondément anormale", le président de la République a expliqué que l’Etat ne pouvait pas "dire aux entreprises : faites des CDI, contrats à durée indéterminée, plutôt que des CDD, contrats à durée déterminée, et proposer des contractuels".

"Ça fait un certain temps qu’on demande la prise en compte des non-titulaires. Si le président veut négocier là-dessus, on est prêt, on dit chiche !", a déclaré le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l’Education).

"J’ai entendu le même président maintenir les suppressions de postes et c’est la principale raison de la précarité" avec la "loi mobilité qui permet le recours aux titulaires et aux intérimaires", dans la Fonction publique, a-t-il toutefois noté.

"Je suis donc assez étonné de la manière dont ça s’est passé. Mais il l’a dit et ça fait quelques mois qu’on est sur le dos du ministre de la Fonction publique pour faire débloquer ce dossier", a-t-il ajouté. AP
(Source : Nouvel obs.com)

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