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La « valorisation de la formation professionnelle »

Le ministre de l’Education nationale a présenté à la presse ses axes de travail sur la « valorisation de la voie professionnelle et la formation aux métiers ».
Il a annoncé sept chantiers qui concernent à la fois le collège et la voie professionnelle mais également la voie technologique :

Mieux équilibrer les modes d’enseignement prévoit à la fois la rénovation des programmes de technologie en collège et la redéfinition des programmes d’enseignement général des séries professionnelles.

Mieux préparer l’entrée dans la voie professionnelle propose des dispositifs d’alternance pour les collégiens qui le souhaitent, la mise en place de classes de découverte des métiers et des parcours individualisés pour les élèves en difficulté. Il propose également des classes
préparatoires à la voie professionnelle, à l’issue du cycle central au lycée pro-fessionnel ou au collège.

L’amélioration de l’information et de l’orientation, vue par le ministre n’est pas acceptable en l’état, car si elle associe les associations, les chambres consulaires et les collectivités territoriales, elle nie le travail des conseillers psychologues d’éducation dans le système éducatif. En revanche, l’organisation de passerelles entre la Seconde générale et technologique et la voie professionnelle est à étudier.

• Le ministre reprend la problématique du lycée des métiers sans en préciser les contenus.

• Pour clarifier les parcours de formation et mieux adapter l’offre de formation, il est proposé une réflexion sur les Premières d’adaptation. La proposition du bac pro en trois ans pose le problème de la place du BEP et des possibilités de réussite des jeune en difficulté.

L’organisation des poursuites d’études permet au ministre d’envisager enfin celles des bacheliers professionnels en STS par des parcours adaptés.

Pour le SNES, même si tous ces chantiers représentent à eux seuls des enjeux importants, il importe de replacer le renforcement de la formation professionnelle dans la réflexion sur l’évolution du système éducatif.

L’augmentation nécessaire des niveaux de qualification à court terme impose un accroissement de plus de 10 % du nombre des bacheliers. L’enjeu est donc de construire des parcours de formation et de réussite pour un nombre croissant d’élèves dès le collège et à l’intérieur du système public de formation.

De plus, la nécessité, à la fois en termes de demande sociale et d’enjeu écono-mique, de la mise en place de la validation des acquis de l’expérience, impose que les élèves des voies professionnelle et technologique bénéficient d’un haut niveau de formation générale.

S’il est nécessaire de valoriser la voie professionnelle, le développement de la voie technologique du lycée (qui représente à elle seule 1/3 des bacheliers) est également une urgence. Cela passe par la modernisation des conte-nus, par le renforcement des passerelles, une réflexion sur les équipe-ments et sur leur maintenance, des débouchés vers l’enseignement supé-rieur, notamment en STS, pour tous les bacheliers techno-logiques.

En attendant, il est primordial que les sections d’établissements veillent au maintien des séries technolo-giques dans leurs lycées
Afin de développer la concertation, le ministre réunira, au mois de décembre, quatre tables rondes avec les syndicats de l’Education nationale. Le SNES participera à ces ren-contres pour y défendre sa conception de la « valorisation de l’enseignement professionnel et de la voie technologique ».

Thierry Reygades

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