US Magazine 724 du 20 octobre 2012

Langues vivantes au baccalauréat : une situation intenable

Le SNES est à l’initiative d’un courrier intersyndical au
ministre pour demander des épreuves terminales et cadrées nationalement,
assurant l’égalité sur tout le territoire et n’imposant pas
une surcharge de travail aux personnels. Seuls le SE-UNSA et le
SGEN-CFDT ont refusé de le signer (1). Le SNES a aussi été reçu en
audience au ministère(2).

Le témoignage de Catherine Turpin, enseignante dans l’académie
d’Orléans-Tours est emblématique de la situation des LV et des
problèmes de fond qui se posent.

Comment les enseignants de langues vivantes vivent-ils la réforme
du lycée ?

Lors de la dernière réunion organisée par les IPR, les enseignants –
sur lesquels les réformes tombent à la pelle depuis quelques années :
CECRL, groupes de compétences, et maintenant élaboration de documents de compréhension orale – ont fait part de leur exaspération.

Avant Noël, il nous faudra fournir huit documents d’1 minute 30 – pas
une seconde de plus ! – supposant, par ailleurs, la maîtrise des TICE !
Quand on aura fait passer ce contrôle continu, il faudra penser au prochain,
en expression orale. Puis on essaiera d’intercaler un bac blanc.
Pensez à la pagaille engendrée par tous ces contrôles continus !

En outre, les deux heures hebdomadaires dévolues à la compréhension
et à l’expression, tant à l’oral qu’à l’écrit ne suffisent pas pour
préparer les élèves au bac. Certains proviseurs préconisent que les professeurs
donnent « un peu de leur temps libre » sur les vacances de
Toussaint et Pâques !

Outre ces conditions inacceptables, la nature même de cette épreuve en
contrôle continu ne pose-t-elle pas problème ?

Cette épreuve ne va pas dans le sens du maintien d’un baccalauréat
national et terminal puisqu’il est maintenant possible d’évaluer ses
propres élèves en cours d’année.

De plus, son contenu est à la fois évasif et compliqué : l’élève rattache
ce qu’il a étudié en classe à une notion et une problématique mais on
n’exige de lui ni introduction ni plan, ni conclusion. On attend simplement
de lui qu’il s’exprime. Avec une grille d’évaluation qui nous
oblige à mettre 4, 8, 12 ou 20 en LV1 et 2, 6, 10, 16 ou 20 en LV2. De
qui se moque-t-on le plus ? Des élèves ou des profs ?

Sandrine Charrier

(1) Voir le texte : www.snes.edu/Epreuves-LV-lettre-intersyndicale.html

(2) Voir le compte rendu : www.snes.edu/Compte-rendu-de-l-audience-au,24021.html

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