LV au collège

Langues vivantes au brevet : il faut un moratoire

La confusion qui règne autour de l’attestation du niveau A2 en langues vivantes illustre les dangers de l’évaluation par compétences. Le SNES avait exprimé son opposition au double niveau A2/B1 : les programmes de Troisième visent le niveau B1 du Cadre européen, alors qu’il est demandé de valider le niveau A2 pour l’obtention du brevet. Si les auteurs des programmes ont l’ambition de fixer comme objectif B1, il faut octroyer les moyens nécessaires (horaires, formation des enseignants, temps de concertation) pour atteindre ces objectifs.

Pour obtenir des précisions sur ce dispositif, il a fallu attendre une note de service au BO n° 3 du 17 janvier 2008. Ce document précise qu’il faut évaluer les cinq activités langagières, mais ne contient aucune consigne sur la manière dont il faut mener ces évaluations. Les collègues doivent trouver des supports adaptés, se concerter afin d’élaborer évaluations et barèmes, faire passer leurs élèves et corriger les évaluations, et cela en quatre mois, tout en complétant le programme de Troisième avec des évaluations de contrôle continu. Il ne suffit pas de renvoyer les enseignants aux programmes de Palier 1 ou à la grille d’évaluation qui accompagne l’expérimentation des livrets de compétences. La multiplicité de référentiels ne génère que davantage de confusion chez les collègues déjà abasourdis par les nombreuses réformes récentes subies en LV. Devant le manque de cadrage national, certaines académies proposent des protocoles locaux, avec un nombre d’évaluations précis et des grilles d’évaluation. Face à ces dérives évaluatrices et au risque d’inégalités entre académies, voire entre établissements, le SNES a écrit au ministère le 18 janvier pour demander que l’attestation du niveau A2 ne soit pas prise en compte pour l’obtention du brevet 2008.

Voir la lettre sur le site internet : http://www.snes.edu/observ - Rubrique langues vivantes.

Bruno Auer, Thérèse Jamet-Madec

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