Archives LVER

Contribution Congrès 2007 supplément US

Langues vivantes : une discipline sinistrée !

Langues Vivantes : une discipline sinistrée !

Les attaques contre l’enseignement des langues vivantes en France sont menées sur deux fronts. D’abord, des restrictions budgétaires sont préconisées dans les audits de « modernisation » et confirmées dans la circulaire de rentrée 2007 : assouplissement des grilles horaires, fusion LV1/LV2, abandon de la LV2 en 5e. On constate dans les DHG un grignotage des horaires de LV par la suppression de groupes de moins de 15 élèves, ce qui entraîne une dégradation des conditions de travail des collègues (augmentation du nombre de classes, postes éclatés, compléments de service, bivalence). Ensuite, le fond de notre métier est bouleversé par l’adoption en France du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Notre conception d’un enseignement permettant aux élèves de s’ouvrir au monde et aux autres est battue en brèche par celle du Plan de Rénovation, à savoir un entraînement, voire un formatage, à des compétences morcelées. La même logique sous-tend le Socle Commun, qui induira dès la rentrée prochaine une évaluation incessante de micro compétences dans TOUTES les disciplines, consignée dans un livret de compétences. Comment nier que l’on va vers une école à deux vitesses quand on sait que l’objectif final du socle commun sera le niveau A2 du CECRL, alors que celui des élèves en fin de scolarité obligatoire sera B1 ?

Ces transformations apparaissent au collège via les nouveaux programmes, et au lycée par les nouvelles épreuves du Bac STG, qui s’inspirent directement des différentes activités langagières du CECRL. Le Ministère se sert des épreuves orales en LV pour généraliser le Contrôle en Cours de Formation (CCF), fragilisant ainsi le diplôme national qu’est le bac. Une autre menace se manifeste sous la forme des certifications délivrées par des organismes externes à l’Education Nationale et qui ont un coût. La question de la co-existence des ces certifications et des diplômes nationaux est clairement posée dans l’audit lycée.

On a devant nous une véritable bataille en langues vivantes ! Le SNES revendique :

• un horaire minimum de 3h dans toutes les classes de collège et de lycée et des effectifs réduits qui permettent un réel suivi des élèves,

• le maintien de la diversification de langues vivantes, alors que celle-ci est devenue peau de chagrin,

• le maintien du travail en séquences liant objectifs culturels et linguistiques, actuellement menacé par l’éclatement des apprentissages en micro compétences,

Il rejette la logique des restrictions budgétaires (par exemple le recours au CCF en LV au lieu d’une évaluation terminale au baccalauréat), la transformation de notre métier (mentions complémentaires...), et la conception étriquée des apprentissages.

Bruno Auer et Thérèse Jamet-Madec,
Groupe Langues Vivantes
Mars 2007

Autres articles de la rubrique Archives LVER

  • Bienvenue dans la rubrique archives LVER
    Cette rubrique contient des articles archivés concernant l’enseignement des langues vivantes et régionales. Pour nous contacter, écrivez-nous.Lire la suite (25 septembre)
  • Simplication de la validation du LPC
    La note de service n°2012-154 du 24/09/12 vient simplifier la validation du LPC pour l’année en cours : « Le principe selon lequel seule la validation des compétences est obligatoire est réaffirmé.... Lire la suite (Février 2013)
  • Témoignage d’un collègue de portugais (2012)
    Langues “à faible diffusion” : le portugais, une discipline au bord de l’asphyxie Depuis quelques années, les enseignants de portugais payent un lourd tribu à la politique d’éducation enfermée dans... Lire la suite (Juin 2012)
  • BTS CI : modifications
    cf. arrêté du 22/06/12 : http://www.education.gouv.fr/pid255... Comparaisons entre les deux arrêtés (ancien et nouveau) : ancien nouveau 3 épreuves de langue, deux épreuves obligatoires et une... Lire la suite (Juin 2012)
  • Action Langues vivantes
    Au collège comme au lycée, les mesures annoncées pour la rentrée prochaine sont inacceptables et vont encore fragiliser un peu plus l’enseignement des langues vivantes : • confirmant les déclarations... Lire la suite (Avril 2012)