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Le coin du polar

« Le dernier tigre rouge », Jérémie Guez Du côté de l’Indochine…

1946, la guerre d’Indochine commence. Le Maréchal Leclerc a mené les négociations avec l’Oncle Ho, Ho Chi Min, prenant de haut ce paysan vietnamien. Giap, général de cette armée fantôme, a fourbi sa stratégie durant l’occupation japonaise. Les Vietnamiens ne veulent plus des colons français. Leur lutte contre l’armée japonaise leur a donné le goût de l’indépendance. Leclerc de Hautecloque n’a pas su saisir le message. La Libération de la France aurait dû lui faire comprendre cette aspiration.

La Légion étrangère sera en première ligne de cette guerre perdue d’avance. Une Légion où se retrouve les ennemis d’hier en combattants d’un pays qui veut conserver ses colonies. Ils se feront décimer. Diên Biên Phu est au bout. Une défaite totale.

Une saga qui couvre ces années 1946-1954, vue par Jérémie Guez dans « Le dernier tigre rouge », années fortement marquées par les souvenirs de la seconde guerre mondiale

Deux itinéraires se croisent. Deux hommes figures emblématiques de cette période. Deux figures dessinées par l’auteur pour synthétiser les choix qui seront ceux de cette génération. L’un, Charles Bareuil engagé dans la Légion pour continuer à faire la guerre et servir son pays, l’autre, Botvinnik, seul Blanc de l’armée vietnamienne. Deux hommes qui tirent des leçons de leur engagement dans la Résistance et l’armée. Deux hommes qui ont vécu des drames personnels et qui essaient de régler leurs comptes avec eux-mêmes. Deux hommes aussi qui partagent le goût des armes pour conjurer le désespoir et l’envie de mourir.

Jérémie Guez sait raconter ces histoires dans l’Histoire. Il est bien informé et permet de (re)découvrir ce moment de la décolonisation. Il ne prend pas parti. Il laisse chaque protagoniste développer son point de vue. Sensation bizarre d’être ballotté entre des idéologies différentes liées à des expériences différentes.

L’auteur fait quelquefois preuve d’un peu de pathos, un défaut qu’il devrait gommer.

Le patrimoine qui est celui de la génération de la seconde guerre mondiale a trouvé dans cet auteur – et quelques autres – la possibilité de se transmettre. Ce n’est pas le moindre des mérites de ces polars.

Une dernière critique : pourquoi avoir publié ce roman dans la collection « Grands détectives » ? Ici pas de figure de détective, juste des hommes qui se prennent pour des guerriers et ne sont que des gamins face à des femmes qui savent le prix de toute vie…

Nicolas Béniès.

« Le dernier tigre rouge », Jérémie Guez, 10/18/Grands détectives .

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