Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Jean-Claude Barny (France)

"Le gang des antillais" Sortie en salles le 30 novembre 2016.

Dans les années 60-70, le BUMIDOM (Bureau pour le développement des migrants dans les département d’Outre-Mer) promettait de favoriser l’intégration en métropole des français des DOM-TOM, mais comme beaucoup d’autres qui ont répondu à la proposition, Jimmy Larivière, un veuf seul avec sa petite fille, venu à Paris pour prendre un nouveau départ, ne parvient pas à trouver sa place dans une société hostile à sa couleur de peau.

Réduit à des solutions à trouver au jour le jour et au système D pour survivre, il finit par céder aux propositions de trois autres antillais de se lancer dans des braquages de bureaux de Postes.

Ceux-ci sont dans un premier temps "artisanaux". Mais le goût du gain aidant, ils vont devenir de plus en plus ambitieux et retentissants.

Cinéma : Le gang des Antillais

Le point de départ du film est politique.

Le projet lancé par Michel Debré en 1963 d’accueillir des français des DOM-TOM dans des conditions favorables en Métropole était en réalité un leurre et, passé l’effet d’annonce, aucune structure n’avait réellement été mise en place pour qu’il aboutisse et les antillais, un fois en Métropole, étaient contraints, dans les meilleurs des cas, à des boulots d’éboueurs ou de techniciens de surface.

Le film de Jean-Claude Barny bifurque vers la fiction, sitôt le problème exposé, en introduisant dans le récit les personnages d’un antillais réduit au chômage et de sa petite fille.

La scène au cours de laquelle l’un et l’autre qui ont dormi dans un cagibi se voient rudoyer par un homme des plus méprisants à leur égard donne le ton de tout ce qui fera suite dans le récit.

On laissera de côté la supercherie du gouvernement d’alors pour, très vite, basculer dans le thriller selon des codes qui nous renverraient (et ce n’est pas péjoratif) au cinéma narratif des années cinquante ; mais ce choix affaiblit considérablement le sujet engagé.

Quant au thriller, il est mené sans surprise avec ce qu’il faut de suspense pour entretenir un intérêt et trembler à chaque fois pour les protagonistes, qui parce qu’ils étaient au départ des victimes, emportent la sympathie.

Le film de Jean-Claude Barny tente, sans trop y réussir, de créer un éventail de personnages forts en gueule ou hauts en couleur. Les personnages annexes, même s’ils sont campés par Mathieu Kassovicz en patron de bar ou Romane Bohringer en brave fille persécutée n’ont guère de consistance et les partitions qui leur reviennent donnent lieu à des épisodes qui, pour étoffer le récit, n’en laissent pas moins indifférents.

La question se pose de savoir si son scénariste et Jean-Claude Barny ont été inspirés d’abandonner le sujet politique de départ qui mettait en lumière un chapitre d’Histoire pour mettre leur film sur le rail du divertissement à suspense.

Pa sûr que cette réalisation à l’ancienne au terme de laquelle la morale est sauve, séduise, malgré des qualités, le large public qu’il prétendait attirer.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Tunnel »
    . Alors qu’il rentre chez lui pour fêter l’anniversaire de sa petite fille, un homme au volant de sa voiture est enseveli sous l’effondrement du tunnel qu’il a emprunté. Une opération de sauvetage... Lire la suite (29 avril)
  • « Emily Dickinson, a quiet passion »
    En Nouvelle Angleterre, au XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson se singularise par un comportement sans détours et ses doutes vis à vis des... Lire la suite (28 avril)
  • « Plus jamais seul »
    Santiago du Chili. Pablo, un jeune lycéen nourrit une passion pour le cabaret et le travestissement. Lorsque ses amis découvrent son goût pour les garçons, il est mis sur la touche et subit des... Lire la suite (28 avril)
  • « De toutes mes forces »
    Nassim est élève de première dans un grand lycée parisien et vit seul avec une mère profondément dépressive. Au retour d’un week-end avec des amis, il la retrouve étendue au sol, morte. Suicide ou prise... Lire la suite (27 avril)
  • « Aurore »
    Aurore a atteint la cinquantaine et tiré un trait sur toute vie sentimentale. Elles est serveuse dans un bar et vit dans un pavillon à La Rochelle avec ses deux filles qui sont devenues des jeunes... Lire la suite (22 avril)