Actualité théâtrale

Jusqu’au 15 janvier 2017 au Théâtre La Boussole

« Le grand déballage »

Alors qu’elle est très satisfaite du personnage qu’elle a créé et croit en ses talents d’écrivain, Louise Delalande, auteure de roman de gare à l’eau de rose, est rattrapée par son éditeur qui lui annonce que, les ventes de ses livres déclinant, elle doit se reconvertir. Et pourquoi pas écrire une autobiographie bien trash, qui passionnera ses lecteurs ? C’est cela qu’ils veulent désormais. Mais elle n’a rien à raconter, entre mari sophrologue et vie remplie seulement par les histoires de son personnage et les boules de coco dont elle se gave ! Sous la contrainte et pour continuer à vendre, elle va s’inventer une vie rocambolesque, pleine d’aventures croustillantes ou effroyables.
Sébastien Blanc et Nicolas Poiret ont écrit le texte en pensant à l’univers très rose de Barbara Cartland, mais aussi aux films anglais des années 60 et 70, comme The party. Anne Bouvier, qui signe la mise en scène, place Louise, vêtue d’un déshabillé de satin, dans un univers très kitsch, avec grande poupée vêtue en infirmière, le personnage de ses romans que cajole Louise. Les aventures de cette infirmière aux amours tumultueuses sont évoquées à très grande vitesse (normal pour un roman de gare) et de façon désopilante sur l’écran vidéo en fond de scène. Quant à l’éditeur, il lui faut être excentrique pour s’imposer dans ce monde où le paraître est essentiel. Il est donc vêtu d’un costume voyant à carreaux jaunes et noirs.

Linda Prévot Chaïb se déchaîne en Louise s’inventant une vie déjantée. Elle troque son déshabillé pour un fourreau scintillant paré de plumes de paon, elle est prête à tout, à poser nue, à faire sa promo à la télévision et surtout à écrire n’importe quoi ou presque. D’ailleurs c’est déjà ce qu’elle faisait !

Pascal Zelcer est tout aussi déchaîné. Cynique et déterminé, il s’efforce de nourrir l’imagination de son auteur, se met des perruques hirsutes, imagine un mari infidèle, l’héroïne assassinant la secrétaire-maîtresse et son arrestation en direct pendant le 20h. Comme il faut de la nouveauté, il envisage une parution à raison de 3 pages par semaine pendant cinquante-deux semaines « 3 pages c’est bien, ça se lit entre deux stations de métro ».

Grâce à eux on se laisse emporter dans cette comédie loufoque sur les exigences d’une société où le buzz fait la célébrité.
Micheline Rousselet

Du mercredi au samedi à 20h, le dimanche à 18h
Théâtre La Boussole
29 rue de Dunkerque, 75010 Paris
Réservations (se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours ) : 01 85 08 09 50

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Fabrice Luchini et moi »
    C’est « une histoire vraie qui n’a jamais existé » que nous conte Olivier Sauton, celle d’un jeune homme qui voudrait être acteur. Une nuit sur un pont, il croise Fabrice Luchini, son idole et lui... Lire la suite (17 février)
  • « Noce »
    L’enfant est venue assister à la noce avec ses parents, une noce somptueuse, historique, où tout le monde rêve d’être invité. Rejetés de la grande entrée vers la petite porte au fond du parc, repoussés... Lire la suite (16 février)
  • « L’amante anglaise »
    Marguerite Duras était intéressée par les faits divers – on se souvient de ses interventions lors de « l’affaire Grégory » - et la folie la fascinait. L’amante anglaise , pièce qu’elle écrit en 1967,... Lire la suite (16 février)
  • « Parle-moi d’amour »
    Le couple qu’a imaginé Philippe Claudel vit ensemble depuis trente ans, habite un quartier huppé et a un appartement au décor design très chic. Au retour d’un dîner avec ses collègues, il l’agace par... Lire la suite (14 février)
  • "Abigail’s party"
    Mike Leigh, surtout célèbre comme réalisateur de cinéma, est aussi connu comme dramaturge au Royaume-Uni. Satire des aspirations, des goûts et du désir de paraître de la middle class qui émerge alors,... Lire la suite (5 février)