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Le lycée des métiers

<base target="_blank"> LYCEE DES METIERS

1-Les premiers lycées des métiers

2- Rentrée 2003, une nouvelle procédure mise en place

3-Le point de vue du SNES

4-Une proposition de stratégie

5-La "loi Fillon"

6- La liste des lycées des métiers

1-Les premiers lycées des métiers

Le "lycée des métiers" a été créé par Jean-Luc Ménenchon avec la circulaire du 17 12 2001.

Le SNES avait pointé les problèmes que soulevait cette création, en particulier :

       La "pertinence" du concept de qualité (au sens des normes de type ISO) pour des lycées.

       Le positionnement du lycée des métiers par rapport aux lycées professionnels, technologiques, polyvalents ou généraux.

       La diversité des voies de formation et le lycée des métiers.

       Le lycée des métiers dans le cadre des politiques régionales de formation.

Ce lycée des métiers ne s'est pas développé autant que les différents ministres le souhaitaient (moins de 70 lycées des métiers au 01 02 2002).

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2- Rentrée 2003, un nouvelle procédure mise en place

Luc Ferry a relancé le lycée des métiers avec la circulaire du 27 02 2003 (qui remplace la précédente):

         Le pivot du lycée des métiers est maintenant un lycée professionnel ou la section professionnelle d'un lycée polyvalent.

La précision concernant le domaine des métiers peut être évitée, ce qui lève le risque d'aboutir à la disparition des sections de l'établissement non liées au domaine.

Par contre la voie de l'apprentissage est toujours présentée comme faisant partie du lycée de métiers même si c'est "le cas échéant".

         La procédure de qualité reste l'élément central du lycée des métiers, même s'il est affirmé qu'il ne s'agit pas de classer les établissements.

D'autre part la procédure d'accès au label est décentralisée au niveau académique, à partir de critères nationaux. Mais on constate aussi une plus grande transparence comme les personnels et le SNES l'avaient exigé :

         Les CTPA et CAEN doivent se prononcer sur la procédure.

         Le cahier des charges est élaboré par un groupe académique comportant des enseignants.

         Le projet de labellisation est soumis au CA des établissements candidats.

         Le lycée des métiers garde son statut d'EPLE et les personnels conservent leur statut.

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3-Le point de vue du SNES

Le SNES partage un certain nombre des objectifs affichés, en particulier :

         Rechercher de la cohérence entre les formations, les attentes des élèves, les besoins de la Nation.

         Faire jouer à ces établissements donc au service public un rôle de premier plan dans la validation des acquis de l'expérience, VAE qui doit s'appuyer sur une formation initiale forte.

         Assurer un accompagnement des élèves et un suivi des jeunes formés.

         Mettre en œuvre et développer des poursuites d'études des titulaires de Bac Pro.

         Développer les passerelles entre les différentes voies et dans les différents sens.

Pour autant, la circulaire fait craindre des dérives importantes :

         Que peut recouvrir une phrase comme “le lycée des métiers est appelé à mettre en œuvre les conventions nationales et régionales conclues entre l'éducation nationale et les branches professionnelles ou des entreprises” ? Si la région décide la valorisation de l'apprentissage et signe une convention en ce sens avec une branche professionnelle, l'EPLE devra-t-il la mettre en œuvre même si son CA vote contre ? Sera-t-il imposé aux lycées des métiers de mettre en place le bac pro en 3 ans sur la base de la convention signée entre le ministère et l'UIMM ?

Le SNES conteste la notion de “ label de qualité ”.

Celle ci est issue des systèmes de production de bien et de service et plaquée là sur le service public. Cette qualité normée type ISO 9000, qui consiste à vérifier si un processus est conforme à un cahier des charges est inapplicable dans un système qui s'adresse à tous les jeunes dont les réalités sont bien plus complexes que n'importe quel système de production. Pour nous, ce sont tous les établissements qui doivent avoir les moyens d'une qualité d'enseignement maximale !

Pour conclure : A QUOI SERT LE LYCEE DES METIERS ?

         Si le lycée des métiers est porteur d'exigences que doivent avoir tous les LP (ainsi que les lycées technologiques et polyvalents) comme la participation à la VAE, de meilleures liaisons entre ce type d'établissement et d'autres par des passerelles, des coopérations, etc. ce n'est qu'un changement d'appellation.

         On voudrait être certain qu'il s'agit de cela... Par contre nous ne pouvons pas être en accord avec la mise en concurrence d'établissements, la dissociation établissements d'excellence et d'autres de seconde zone à travers une “ démarche qualité ”, des critères différents selon les académies, le placement des EPLE au service du patronat local, le développement accru de l'apprentissage.

         D'autre part les exigences nouvelles et qui nous semblent positives ne sont que des faire-valoir sans les moyens nécessaires à leur mise en place et peuvent même devenir contre-productives : coopération technologique avec les entreprises, VAE, développement de la formation continue...

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4-Une proposition de stratégie

Le concept lycée des métiers interroge aussi et surtout les acteurs locaux du système éducatif.

Dès lors, et dans la mesure où l'on peut s'attendre à des offensives rectorales visant à labelliser un nombre important de lycées, il convient de mettre en place une stratégie de réponse. A ce jour les cahiers des charges académiques dont nous avons connaissance ont des colorations nettement différentes :

         Certains en profitent pour introduire les GIP (groupements d'intérêt public) sans débat.

         D'autres semblent vouloir établir un mixage des publics (élèves, apprentis, formation continue sous diverses modalités) dans les mêmes séquences de cours ou d'atelier...

La circulaire précise que le Conseil d'Administration doit être consulté aux différentes étapes de la procédure. Le SNES a exigé que cette procédure soit validée in fine par un vote du CA. Il est important de mettre en œuvre cette résolution.

Les CA de tous les établissements intervenants pour la labellisation doivent être saisis : celui du Lycée Professionnel mais aussi celui des éventuels Collèges, Lycées Technologiques, Polyvalents ou Généraux.

Lorsqu'un chef d'établissement souhaite lancer une procédure de labellisation, les représentants des personnels devraient exiger que :

         La procédure et le cahier des charges soient présentés en commission permanente.

         La procédure soit mise en débat en impliquant l'ensemble de la communauté scolaire, dans le cadre d'heures banalisées.

         Une audience au rectorat soit obtenue afin de préciser les interactions du lycée avec les autres établissements et son impact sur l'offre d'éducation et de formation.

         Un débat contradictoire soit mené en CA afin de définir la politique de l'établissement et les conséquences du label en terme de filière, de subvention, de recrutement élèves, de création de structure (voie d'apprentissage,...).

         Les CA devraient refuser toute démarche qualité, qui définirait des objectifs sans définir les moyens, et donc demander qu'un chiffrage en terme de moyens humains, et de budget, soit annexé au cahier des charges.

         Les CA devraient s'opposer à toute tentative de mise en concurrence entre les établissements.

         Les CA devraient émettre un vote avant le lancement de la procédure de mise en œuvre du cahier des charges et un vote, en fin de procédure, validant la démarche et l'appellation retenue.

D'une façon plus générale, et en fonction des situations locales, il semble nécessaire de provoquer des réunions fédérales, avec le SNUEP et le SNETAP, au niveau des académies. L'objectif de ces réunions serait de produire des réponses fédérales et qui prennent en compte les situations propres de chaque Académie.

Le concept de lycée des métiers peut être intéressant dans certains établissements, et il peut, en même temps, receler de nombreux dangers. C'est au niveau local que peuvent s'appréhender ces éléments, en conséquence, il est primordial que les S3, S2 et S1 soient en mesure d'intervenir sur les processus et d'infléchir les décisions finales.

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5-La "loi Fillon"

La loid'orientation et de programme pour l'avenir de l'école ("loi Fillon") a élevé au niveau législatif le label "lycée des métiers", précédemment défini par la circulaire n°2003-036 du 27 février 2003.

Les établissements labellisés sont soumis au respect d'un cahier des charges national, figurant pour partie dans la loi, et complété par le Décret no 2005-1394 du 10 novembre 2005.

Voici les principaux extraits du décret.

"Le label " lycée des métiers" figurant à l'article L. 335-1 du code de l'éducation est délivré sur décision du recteur de l'académie".

"Les critères constituant le cahier des charges national pour la délivrance du label sont les suivants :

- offre de formation, comportant notamment des formations technologiques et professionnelles, construite

autour d'un ensemble cohérent de métiers ;

- accueil de publics de statuts différents : élèves, adultes en formation continue, apprentis et étudiants ;

- préparation d'une gamme de diplômes et titres nationaux allant du CAP aux diplômes d'enseignement

supérieur ;

- offre de services de validation des acquis de l'expérience ;

- existence de partenariats avec les collectivités territoriales, les milieux professionnels ou des

établissements d'enseignement supérieur ;

- mise en place d'actions destinées aux enseignants et aux élèves de collège visant à améliorer l'orientation

des collégiens et les conditions de leur accueil dans les formations professionnelle".

"Les établissements qui ne répondent pas à eux seuls aux critères du cahier des charges peuvent obtenir le label à condition d'établir des conventions de partenariat avec un ou plusieurs établissements qui leur apportent les compléments nécessaires."

"La procédure menant à la délivrance du label est conduite par le recteur, qui met en place à cette fin, sous son autorité, un groupe académique « lycée des métiers » qui associe des membres des corps d'inspection territoriaux, des chefs d'établissement, des gestionnaires, des chefs de travaux, des enseignants, des parents d'élèves, des représentants du conseil régional et des milieux professionnels."

"Le groupe académique « lycée des métiers » est chargé de l'adaptation des critères du cahier des charges national aux particularités de l'académie, du recueil des demandes de délivrance du label des établissements, puis de l'organisation de l'instruction de ces demandes. Il transmet au recteur ses propositions. Il est également chargé d'accompagner et d'évaluer, avec l'ensemble des corps d'inspection pédagogique, la mise en place effective des projets des établissements labellisés."

La demande de délivrance du label présentée par les établissements doit comporter l'accord de leur conseil d'administration."

 

Ce décret est "expliqué" par la circulaire. n° 2005-204 du 29-11-2005 adressée aux recteurs. Ceux-ci sont invités à engager résolument les établissements n'ayant pas encore sollicité leur labellisation à s'inscrire dans la démarche qualité permettant d'accéder au label.

 

Le SNES, et la FSU, restent globalement opposés à la démarche de « labellisation » .

6- La liste des lycées des métiers

Une première liste des lycées des métiers est parue dans le BO du 26 janvier 2006, et une seconde dans le BO du 20 avril 2006 

 

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Voici pour information le lien vers le site Eduscol (page lycée des métiers) :

http://eduscol.education.fr/D0154/

 

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