US Magazine 737 du 21 décembre 2014

Le point sur l’heure de première chaire

CONTRAIREMENT AUX IDÉES REÇUES, l’heure de première chaire est fragile.
Le principe de réduction de service dans le cycle terminal du lycée général
et technologique doit être sécurisé.

Dans les discussions ouvertes
par le ministre sur nos
métiers, l’heure de 1re chaire
et les modalités de son attribution
constituent, en lycée, un élément
essentiel des conditions de travail,
de service et de rémunération
des professeurs. Le
dossier étant extrêmement complexe,
nous mettons en ligne
(www.snes.edu/Le-point-sur-l-heure-de-1ere.html) un ensemble
d’éléments complémentaires.

La situation actuelle

Les décrets de 1950 ne prévoient
l’attribution de l’heure de première
chaire qu’à certains professeurs
dans certaines disciplines.
La circulaire d’application du
1/12/1950 (définition du « parallélisme
 » des classes, comptabilisation
des heures données en
groupes, TP, TD...) a été abrogée
en 2007. Si l’action syndicale a
permis de maintenir une application
coutumière des textes moins
restrictive que leur lettre, les
conditions d’attribution et les
modalités de décompte sont devenues
instables et inégales, en raison
des fortes contraintes découlant
de l’insuffisance des dotations
horaires attribuées aux lycées, en
raison aussi de l’autonomie croissante des recteurs et chefs d’établissement,
et enfin en raison des
nouvelles dispositions en lycée
(TPE, AP, groupes en LV). Les
recours en justice administrative,
au regard du texte lapidaire des
décrets de 1950, sont très dangereux
et systématiquement perdus.

Des propositions de rénovation

Le ministère propose de modifier
le dispositif : remplacer l’heure
de chaire par une pondération à
1,1 des heures effectuées en cycle
terminal, dans la limite d’une
heure, toutes les heures étant
prises en compte (classes, groupes,
TP, TD, TPE, AP...), toutes les
disciplines étant concernées et la
notion de classe « parallèle » disparaissant.
Ce dispositif sécurise
les conditions d’attribution, en
écartant toutes possibilités d’interprétations
diverses. L’application
de la pondération accroîtrait
mécaniquement de 15 000 (soit
15 %) le volume des professeurs
concernés, l’élargissement du périmètre
conduisant à l’augmentation
du volume global des heures
attribuées. L’impact sur le service
individuel serait variable : le changement
du périmètre d’attribution
rebat les cartes pour tout le monde.

Améliorer le dispositif pour tous

Le fait d’acter que toutes les
interventions pédagogiques
envers les élèves sont
équivalentes (classe
entière ou non, parallèle
ou non) comme la suppression
du seuil des
6 heures répond à
notre conception de
situations pédagogiques
diversifiées.
La sécurisation du
dispositif statutaire
et le système
de pondération
constitueront un
outil permettant
de brider efficacement
la marge
de manoeuvre du
chef d’établissement.

Toutefois, un tel système
ne peut à lui seul répondre
au nécessaire allègement de la
charge et du temps de travail
revendiqué par le SNES-FSU, et
dont doivent bénéficier tous les
professeurs.

On le voit bien : pour peser et
gagner, l’ensemble de la profession
doit, à partir de ce sujet, se
saisir plus largement de la question de la revalorisation de nos
métiers, de l’amélioration de nos
conditions de travail et de rémunération.
C’est ce combat que
mène le SNES-FSU et sur lequel
il appelle tous les collègues à se
mobiliser.

Christophe Barbillat, Xavier Marand, Érick Staëlen
intercat@snes.edu

Autres articles de la rubrique US Magazine 737 du 21 décembre 2014