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Un film de Michael Powell et Emeric Pressburger - 1951 (Grande Bretagne)

"Les Contes d’Hoffmann" Version restaurée numérique Sortie en salles le 1er avril 2015.

Dans la taverne où il attend Stella dont il est tombé amoureux, Hoffmann se remémore trois histoires d’amour malheureuses qu’il a vécues.

Olympia, la poupée mécanique capricieuse, Giulietta la courtisane vénitienne et Antonia, la chanteuse lyrique que son talent conduira à la mort.

A chaque fois, un génie maléfique est venu mettre à bas tous ses espoirs.

Fidèlement adapté des " Contes d’Hoffmann " d’Offenbach, le film réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger est un des plus beaux hommages que le cinéma a pu rendre à la danse et à l’Opéra.

Le film tourné en 1951 n’a jamais, à l’époque, figuré parmi les œuvres maîtresses du cinéaste.

Il a été montré à sa sortie dans de piètres conditions (et souvent privé de son troisième acte).

Sa restauration a représenté un énorme travail à cause de la tonalité des couleurs différentes d’un acte à l’autre, et il doit cette nouvelle sortie à la hauteur de ses qualités à la prise en charge du travail de restauration par la Fondation de Scorsese en collaboration avec le coloriste Ray Grabowski qui avait déjà travaillé à la restauration des " Chaussons rouges".

Cinéma : les contes d'Hoffmann

" Les Contes d’Hoffmann " renouvelait , après " Les chaussons rouges", l’expérience d’un spectacle total, sans paroles, regroupant musique, chant, chorégraphie dans une débauche de couleurs et une métamorphose continue de l’espace.

La mise en scène toujours inventive s’applique à briser l’espace scénique grâce à des astuces techniques, une utilisation virtuose de la caméra et des inventions visuelles : la poupée désarticulée continuant à danser ou des personnages apparaissant par surimpression sur une toile de rideaux.

Le film restauré révèle la beauté, l’originalité des costumes, un magnifique travail sur la lumières, des décors et des accessoires et toute l’inventivité de la mise en scène avec l’utilisation de somptueuses marionnettes et une époustouflante utilisation des masques.

Dans les premiers rôles, Moira Shearer et Ludmilla Tchérina sont l’une et l’autre sublimes.

A une époque où les retransmissions de mises en scène d’Opéra en direct ou en différé dans des salles de cinéma font fureur, ce film parmi les moins reconnus de Michael Powell devrait séduire les spectateurs.

Une très bonne approche de l’Opéra et de la danse pour des scolaires, mais aussi du cinéma de Powell dont on retrouve ici, les caractéristiques.

Un joyau à découvrir.

Francis Dubois

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