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Un film de Mehrdad Oskouel (Iran)

"Les derniers jours de l’hiver" Sortie en salles le 21 novembre 2012

Le titre du film documentaire de Mehrdad Oskouel laisse présager une échappée vers l’espoir, vers l’embellie. Il n’en est rien. Et ces derniers jours sont une question de calendrier, les derniers de l’hiver à Téhéran.

Les sept enfants entre 8 et 13 ans avec qui il s’entretient ont un lourd passé et vivent leurs années de toute jeunesse dans une maison de redressement pour avoir commis des délits assortis de sanctions allant de cinq mois à un an de prison.

Abolfazi, 10 ans, a été condamné pour complicité de vol de sacs à main. Mameni a été trouvé en possession de 50g de crack. Kaveh a volé des bijoux, Mahammad, 12 ans, des motos et Morteza, un nombre impressionnant de moutons.

A la question "Qu’est-ce qui pourrait vous venir en aide pour ne plus commettre de forfaits" ils s’en remettent à Dieu en premier lieu, à leurs parents s’ils n’étaient pas eux-mêmes des malfaiteurs ou absents et à un grand frère idéalisé qui saurait les corriger à bon escient.

La tournure qu’a pris leur existence est une fatalité et à l’un d’entre eux près, tous savent que lorsqu’ils quitteront la maison de redressement, ils se livreront à d’autres forfaits, n’ayant pas d’autres moyens de vivre et surtout personne pour les remettre sur quelque droit chemin.

Ils retourneront en prison, en sortiront, recommenceront et ainsi de suite.

Le plus souvent ils appartiennent à une famille à la dérive. Les parents sont incarcérés, morts ou les ont abandonnés.

L’un d’entre eux affirme que sa petite sœur de dix-huit mois est déjà dépendante de la drogue. Sa mère, lorsqu’elle était enceinte, consommait de la drogue. Ainsi, elle l’a rendue dépendante dès sa naissance et l’enfant a besoin qu’on lui fasse absorber de la cocaïne.

Il apparaît dans leurs propos que la banalisation de tous ses agissements ou addictions est intégrée à leur existence et que les dérives sont le tracé de leurs cheminements.

La maison de redressement est un épisode dans leur vie et ils y vivent les débordements naturels de leur âge. Ils rient, plaisantent, se moquent d’eux-mêmes, jouent au football. Ils ont une grande intuition de la vie et leur expérience les aide à se protéger des autres et des dangers multiples.

A l’intérieur de la maison de correction, ils bénéficient d’un semblant de suivi mais après leur libération, aucune assistante sociale ne les prend en charge.

A l’intérieur de l’établissement Mahammad avait appris à lire, à écrire, s’était désintoxiqué et aspirait à une vie normale. Mais dès sa sortie, il a retrouvé la bande de voleurs de motocyclettes et a replongé.

L’appât du gain, l’argent facile, l’illusion de retrouver au sein d’un groupe une sorte de famille, la culture de l’illicite commanderont à l’existence de ces gamins que rien ni personne ne pourra sauver.

Le mécanisme de dérives ordinaires. Un constat sans espoir Une terrible réalité.

Francis Dubois .

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