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Les dispositifs relais

Textes de référence :

- Circulaire n°98-120 du 12/06/98 parue au BO n°25 du 18/06/98
- Circulaire n°99-071 du 17 mai 1999 parue au BO n°21 du 27/05/99 (programme NouvelleS ChanceS)
- Circulaire n°99-147 du 04 octobre 1999 parue au BO n°35 du 07/10/99
- Circulaire n°2000-141 du 4 septembre 2000, parue au BO n°14, septembre 2000
- Pilotage et accompagnement des dispositifs relais : classes relais et ateliers relais, BO n° 21 du 22 mai 2003
- Article paru dans l’US du 9 novembre 2002 (consultable sur le site)
- Enquête de la DEP (Direction de l’Evaluation et de la Prospective) de 2003

Les classes-relais

Elles ont vu le jour en 1985 à titre expérimental. La circulaire du 12 juin 1998, signée par C.Allègre, réaffirme que les classes-relais représentent une solution pour les jeunes entrés « dans un processus évident de rejet de l’institution scolaire » (absentéisme chronique, problèmes comportementaux graves, refus de tout investissement scolaire).

L’objectif de ces classes est double : resocialiser l’élève et le rescolariser.

Les classes sont implantées hors du collège ou dans le collège et accueillent peu d’élèves (moins de 10), pour une durée limitée (quelques semaines, plusieurs mois, un an au maximum : la moyenne étant de 120 jours.

Les ateliers-relais

Ils ont été créés en 2002 par X.Darcos ; ils accueillent des élèves de collège, et éventuellement de lycée, pour une période plus courte (4 semaines, durée renouvelable au maximum 3 fois).

Ces structures sont implantées essentiellement hors du collège, elles proposent une pédagogie différenciée fondée sur le partenariat et aussi sur l’alternance pour permettre aux élèves de renouer avec l’institution.

Dans les DR (Dispositifs Relais), près d’un élève sur deux fait l’objet d’une mesure éducative, qu’elle soit administrative ou judiciaire.

Le DR est une modalité temporaire de scolarisation obligatoire, le jeune en DR est donc sous statut scolaire
L’admission d’un élève en DR, comme sa sortie, sont de la responsabilité de l’IA.

Fonctionnement

Personnels, intervenants :

Les personnels qui interviennent en DR le font sur la base du volontariat. Les équipes sont souvent mixtes, elles combinent enseignants, éducateurs et personnels sociaux et de santé. Les DR reposent sur un partenariat actif avec la PJJ, les collectivités locales ou les associations.

Nombre de DR :

il ne cesse d’augmenter, même si cette augmentation est en deçà des objectifs vers lesquels tend le MEN. On en comptait 286 en 2002-2003, et leur nombre a déjà triplé depuis la circulaire de 98, ils accueillent 5000 élèves par an. Une des mesures phares avancées par Fillon pour faire baisser le nombre des élèves sortant sans qualification du système scolaire serait, selon lui, la multiplication par 5 du nombre de DR.

Problèmes posés par les DR

-  2 objectifs : resocialisation et rescolarisation.

L’objectif de resocialisation est souvent atteint (encadrement important qui aide l’élève, et lui ouvre certaines voies qui seraient restées fermées (un contrat d’apprentissage, par exemple...).

Rescolarisation plus problématique. A ce jour, les bilans sont partiels, les DR étant récents ; on constate qu’il y a bien, pour la plus grande partie des élèves, rescolarisation dans le cursus général, mais on ignore encore de quelle façon, et pour combien de temps elle se réalise.

-  Problème du niveau scolaire de l’élève à sa sortie de DR :

l’élève ne suit pas, de façon temporaire, mais pour une période qui peut être longue, le cursus scolaire ordinaire. Par conséquent, il est à craindre que l’élève, à son retour au collège, soit de nouveau confronté à sa difficulté et à sa marginalisation, et qu’il ne décroche à nouveau.

-  Problème de l’application des textes :

si les partenariats sont une des priorités dans le fonctionnement des DR, la réalité du terrain est souvent tout autre.

-  Objectif gouvernemental :

DR x 5. Effet « structure », effet « appel d’air » à craindre... Et comment éviter, concrètement, de créer une filière de relégation et de tri social - en lien avec la problématique de l’alternance ?

-  Dernières mesures annoncées par De Robien sur les ZEP :

« l’augmentation des DR (+ 200 à la rentrée 2006), qui prennent en charge temporairement les élèves les plus perturbateurs avant de les remettre en classe dans leur cursus normal, bénéficiera en priorité aux collèges « ambition réussite ». Outre l’augmentation significative des DR, on peut craindre un glissement de leurs missions , en effet, les DR n’avaient pas vocation, jusque là, à scolariser avant tout les élèves « perturbateurs ».

Commentaires du SNES

De telles structures correspondent à un besoin évident, il est indispensable en effet de tout mettre en oeuvre pour sortir des jeunes fortement marginalisés d’un processus d’exclusion scolaire, qui ne peut déboucher que sur de l’exclusion sociale et professionnelle.

Mais l’Education Nationale ne peut se contenter de "réparer", elle doit en même temps dégager des moyens importants pour prévenir l’échec et lutter contre toute forme de fracture scolaire.

Ces structures doivent s’inscrire dans une logique transitoire et non permanente de réparation.

Elles ne doivent pas se multiplier de façon exponentielle.
Or la loi Fillon programme 200 dispositifs supplémentaires par an sur cinq ans.

Et le ministre propose, dans le cadre de sa "relance" des ZEP, de les créer en priorité dans les collèges les plus difficiles (EP1) pour les élèves "les plus perturbateurs".

Non seulement il dénature la misssion première de ces dispositifs et les transforme en voie de relégation, mais il accentue l’image négative des collèges concernés.

Les personnels qui s’attellent à redonner à ces jeunes une image positive d’eux même doivent pouvoir bénéficier d’une formation spécifique de haut niveau en matière de connaissance des adolescents et de gestion des conflits, et de l’aide systématique d’un éducateur spécialisé.

les objectifs doivent rester ambitieux (rescolarisation, resocialisation mais aussi consolidation des apprentissages) pour que le retour dans une classe ordinaire puisse s’avérer positif.

Des moyens supplémentaires permettant une concertation entre collège d’origine et structure relais faciliteraient le retour de l’élève dans sa classe.

L’existence des classes et ateliers ne doit pas empécher la mise en place, avec les moyens nécessaires, de dispositifs alternatifs sur demande des équipes.

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