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Un film de Laura Amelia Guzman et Israël Càrdenas (République Dominicaine –Argentine-Mexique).

"Les dollars des sables" Sortie en salles le 26 août 2015.

Anne, une française vieillissante et fortunée, a choisi de se retirer dans une maison en bordure de plage quelque part en République dominicaine.

C’est peut-être pour prendre de la distance avec une communauté blanche voisine, riche, oisive et artificielle qu’elle s’est lancée dans une histoire d’amour avec une jeune autochtone qui se prostitue pour subsister.

Et si Anne n’est pas dupe, si elle répond régulièrement à ses demandes d’argent, si elle fait l’impasse sur ses mensonges, c’est pour mieux persister dans son tendre attachement pour Noeli, espérant sans doute, un jour ou l’autre, séduire la jeune fille à qui elle fait miroiter les projets possibles d’une vie facile auprès d’elle.

Mais le garçon que Noéli fait passer pour son frère vis-à-vis d’Anne est en réalité son compagnon avec qui elle vit une authentique histoire d’amour.

Cinéma : les dollars des sables

Le scénario émaillé de clichés impose très vite au film de Laura Amélia Guzman et Israël Càrdenas ses limités et le prive du même coup de la moindre chance d’exploiter le potentiel dramatique que le point de départ sous tendait.

Dans la première partie du film, le personnage de Noéli semblait prometteur. Tant par sa personnalité bien trempée, sa nature déterminée que par son allure androgyne et volontaire, elle semblait réunir assez d’atouts pour échapper au stéréotype de l’adolescente rebelle, entre grâce et arrogance.

Mais une certaine application dans la mise en scène, une recherche inutile dans une photographie qui abuse des contre-jours et contrastes et une certaine nonchalance dans la narration contribuent très vite à faire tomber le film dans l’attendu et le prévisible.

L’intérêt du film réside plutôt dans la rencontre pathétique de l’actrice Géraldine Chaplin vieillissante, dont on se souvient qu’elle connut une belle carrière internationale, et le personnage qu’elle interprète ici, dont le récit dévoile très peu de son passé, mais dont on suppose qu’elle connut une existence faste.

L’actrice qui est apparue ces dernières années pour des rôles de second plan, dans quelques productions honorables, tente sans doute ici un retour avec un premier rôle dans un film qui ne redorera pas son blason et ne lui rendra certainement pas sa notoriété passée.

Autre atout non négligeable de ces " Dollars des sable s ", sa musique et cette chanson qui ouvre et clôture le récit et annonce dès les premières images, la tonalité générale du film, ses faiblesses et ce qu’il a malgré tout, d’attachant et de poignant.

Francis Dubois

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