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Un film de Philippe Le Guay (France)

"Les femmes du 6ème étage" Sortie en salles le 16 février 2011


Un beau jour, Jean-Louis Joubert, agent de change intègre, la quarantaine sonnée, marié à une bourgeoise coincée, découvre par hasard qu’au sixième étage de l’immeuble bourgeois qu’il habite, vit dans des conditions de médiocre confort, une joyeuse cohorte de femmes espagnoles, toutes employées de maison dans l’immeuble même ou dans les environs proches.
La jeune femme que le couple engage pour remplacer Germaine, une bretonne à leur service depuis 20 ans partie pour incompatibilité d’humeur avec Madame, vient de s’installer sous les toits avec sa tante Conception.
Maria, jeune femme efficace et délicate permettra à Jean-Louis de découvrir l’univers exubérant, débordant de plaisir de vivre et généreux de ces femmes déracinées qui ont crée une vraie communauté.
Un peu méfiant au départ, il va petit à petit se laisser séduire par leur bonne humeur et finira par devenir lui-même un occupant du 6ème étage.
Philippe Le Guay ne s’est pas contenté de construire, sur le sujet, une comédie savoureuse, drôle et tout en nuances. Son film est aussi une fable sociale dans laquelle chacune de ces femmes est dépeinte avec soin et enfouit derrière une bonne humeur égale, les raisons qui l’ont conduite à en être là, à s’accommoder de conditions de travail et de conditions d’existence souvent difficiles. Les blessures apparaissent derrière les éclats de rire.
Et jamais, dans "Les femmes du 6ème étage", les personnages ne sont dans la caricature. Pas plus les femmes espagnoles exubérantes, que le trio de bourgeoises qui ne consacrent leur existence qu’aux mondanités auxquelles les oblige leur rang social. Pourtant désœuvrées et sans cesse débordées, bien qu’affichant tous les signes de leur condition, langage précieux, conversations futiles, elles échappent elles aussi comme par miracle à la vignette attendue.
Le bouclier dont dispose Philippe Le gay pour faire échapper sa comédie aux pentes où elle pouvait se perdre et vers lesquelles elles auraient pu dériver, tient sans doute à un scénario particulièrement soigné, à la touche de sensibilité et d’humanité dont il nuance chacun des personnages et sans doute à la tendresse qu’il leur porte et qui est palpable d’un bout à l’autre de son film.
Philippe Le Gay vient d’un milieu bourgeois. Son père était comme le personnage de Jean-Louis, agent de change et il a été envoyé en pension comme les deux fils Joubert. Et même s’il prétend que les ressemblances s’arrêtent là et que son récit n’est pas autobiographique, il y a dans son film des signes d’authenticité qui ne trompent pas. Il faut ajouter à cela que toutes les anecdotes du film concernant les personnages des femmes espagnoles sont inspirées de faits réels…
"Les femmes du 6ème étage
" est une franche comédie qui fait honneur au cinéma français. Les ingrédients qu’utilise Philippe Le guay auraient pu déboucher sur des lourdeurs.
Au contraire tout ici est léger, savoureux, intelligent…
Francis Dubois

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