Les négociations salariales

En finir avec

Les idées fausses sur les salaires des fonctionnaires

« Avoir son salaire gelé le temps que la crise passe c’est acceptable pour un fonctionnaire parce que son emploi est garanti. »
NON ! Beaucoup de fonctionnaires ont des difficultés à vivre et la politique de gel des salaires aggrave la crise.

Depuis juillet 2010, la valeur du point d’indice qui sert de référence pour le traitement des cinq millions d’agents de la fonction publique est gelée (…). Le gouvernement envisage de poursuivre ce gel jusqu’en 2017.
Fondamentalement, la politique salariale conduite dans la fonction publique depuis 2000 et fondée sur une revalorisation tantôt limitée tantôt nulle de la valeur du point d’indice est inacceptable parce qu’elle est inefficace économiquement et parce que les revenus salariaux des fonctionnaires ne sont pas si élevés et sont très hétérogènes (voir idée fausse n°10). En effet, son application atrophie le dynamisme économique du pays en comprimant la consommation des ménages qui dépensent les revenus de leur travail pour satisfaire leurs besoins élémentaires (…) ou pour leur vie sociale ou familiale. (…)
Il faut aussi souligner que les politiques de rémunération dans la fonction publique ont abouti à une perte de deux mois de salaire par an de 2000 à 2014. Cela signifie par exemple qu’un enseignant qui a dix ans d’ancienneté en 2014 a un pouvoir d’achat équivalent à dix mois du salaire de l’année 2000 d’un enseignant qui avait alors dix ans d’ancienneté.
Le recul du pouvoir d’achat des fonctionnaires est tel qu’on en arrive à ce que le traitement minimum dans la fonction publique doive régulièrement être relevé, sauf à passer en dessous du SMIC ‒ un comble pour l’Etat employeur ! Cette politique aboutit également à ce que les métiers qualifiés, dont la fonction publique a besoin, ne soient plus attractifs.
Par ailleurs, la politique de réduction du salaire censée favoriser l’emploi, est injuste économiquement mais aussi contre-productive (…). En fait, le discours tenu depuis 2010 promettant la reprise économique et des emplois en échange du gel des salaires ne tient pas ses promesses. C’est l’inverse qui se produit : hausse du chômage et croissance en berne.
Finalement, l’austérité risque fort d’aggraver la crise en pénalisant particulièrement les plus pauvres, ceux dont la seule richesse est l’accès aux services publics et le droit à la protection sociale. C’est pour cela qu’il doit être mis un terme à cette politique et au gel de la valeur du point d’indice.

Extrait del’ouvrage "En finir avec les idées fausses sur les fonctionnaires et la Fonction publique", par B. Groison. Éditions de l’Atelier en partenariat avec la FSU.

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