LV au lycée

Les nouvelles épreuves au B.O : toujours un manque de cadrage !

Les définitions d’épreuves concernant les langues vivantes au Baccalauréat 2013, publiées au B.O n°43 du 24 novembre 2011 (voir PJ), confirment toutes nos inquiétudes du fait d’un manque de cadrage.

En effet :

- en LV2, les élèves n’auront pas, en compréhension écrite, à "percevoir les points de vue, les opinions, les contrastes dans les documents et/ou dans leur mise en relation", ce qui peut sembler étonnant au niveau B1.

- en LV2, les élèves n’auront pas, en expression écrite, à "construire une argumentation personnelle" ; or, même si on pouvait comprendre qu’il fallait mettre des limites à la rédaction d’une argumentation, il y a une marge entre ces limites et ne plus faire argumenter du tout.

- pour la compréhension orale, il revient aux enseignants de trouver les "documents enregistrés liés aux notions du programme mais non étudiés précédemment en classe", en les "sélectionnant en fonction des équipements disponibles dans les lycées" : c’est évidemment le reflet du manque d’équipement que nous dénonçons depuis longtemps mais aussi la porte ouverte à une inégalité entre les candidats. Il faut une banque de sujets nationale.

Il ne peut pas non plus y avoir deux types d’épreuves : soit la CO se fait sur un document, soit elle se fait sur deux documents, ce qui ne constitue pas la même difficulté de restitution.

La grille d’évaluation proposée propose une note en fonction du niveau du CECRL atteint : A1 = 3 points, B1 = 5 points, par exemple, car la grille ne prend en compte que les informations comprises, sans se soucier de la langue utilisée ni de la "présentation" et organisation de ces idées.

La CO – d’une durée de 10 minutes au total – est évaluée "dans le cadre habituel de formation de l’élève", au second trimestre. Il ne s’agit donc pas d’un CCF : chaque enseignant évalue ses propres élèves, sans avoir d’indication dans quelles conditions et à quel moment.

- l’expression orale (sauf en L) est "organisée au dernier trimestre" par les enseignants. Autrement dit, là encore, il n’y a aucun cadrage ni sur la semaine de passation, ni sur les conditions de cette passation. Il est juste précisé que "le candidat tire au sort une des notions du programme étudiées dans l’année", la présente en 5 minutes et répond à des questions pendant 5 autres minutes.

- en L, l’expression orale se base sur "la liste de notions du programme" étudiées et "les documents qui les ont illustrées". L’examinateur choisit une notion, écoute le candidat pendant 10 minutes puis entre en interaction avec lui pendant 10 autres minutes. Alors qu’il s’agit d’une épreuve terminale, la grille d’évaluation est la même que pour les autres séries, ce qui semble étrange.

- en L, les épreuves de spécialité ou de littérature sont de même nature : le candidat choisit deux notions étudiées et constitue pour chacune d’elles un dossier, composé de deux documents vus en classe et un 3ème document de son choix mais illustrant la notion. Etant donné l’écart de coefficient entre la langue de spécialité (4) et la littérature en langue étrangère (1), on ne peut que s’étonner que l’épreuve soit de même nature, d’autant que les grilles d’évaluation sont, elles, très différentes.

Par ailleurs, alors que pour la langue de spécialité il est écrit que le candidat choisit deux "notions étudiées dans l’année", on ne sait pas si le dossier à présenter à l’oral de littérature en langue étrangère porte seulement sur les documents de l’année de terminale ou sur l’ensemble des documents vus dans le cadre du "cycle terminal", c’est-à-dire depuis l’année de Première.

- en L, l’administration entérine la possibilité d’avoir LELE et
LVA dans la même langue, donc un coefficient 9 dans une seule langue, qui sera souvent l’anglais dans les faits, posant le problème de la diversification.

- concernant l’ensemble des grilles d’évaluation, on observe qu’elles conduiront à des résultats très homogènes puisqu’elles ne proposent pas de notation au point près ce qui, si cela simplifie l’acte de notation, empêche toute nuance.

- concernant les modalités pratiques : alors que certains oraux durent 20 minutes, le temps de préparation est, lui, de 10 minutes : cela veut-il dire qu’on va interrompre l’interrogation du candidat pour faire entrer le suivant et l’installer ?

Revendications du SNES-FSU.

- un cadrage national des semaines de passation de la CO et EO

- une banque nationale de sujets et des annales zéro

- une augmentation du coefficient de littérature

- un échange d’examinateurs et une rémunération des enseignants si les passations ne sont pas organisées sur leurs heures de cours

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