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Les programmes sont-ils dissolubles dans le socle commun ? Entre adaptations, correspondances et réécritures, les programmes d’Histoire-Géographie sont soumis à des enjeux qui dépassent le seul intérêt pédagogique...

Que faire des 25 pages de « correspondances » proposées par l’Inspection générale afin de permettre l’adaptation des programmes d’Histoire et Géographie au socle commun ?
Contribution de Franck Thénard-Duvivier.

En Histoire

Le texte ne propose pas d’approche pédagogique véritablement renouvelée qui aurait pu apporter davantage de sens afin de faciliter la mise en perspective historique et de susciter un plus grand intérêt des élèves. En fait, que nous propose-t-on ?

Au-delà de la rhétorique permettant une adaptation purement formelle des programmes au « socle », on retrouve notamment une douzaine de nouveaux « repères » ajoutés à la cinquantaine déjà existante ! Soient trois nouveaux repères en 6e, deux en 5e, deux en 4e et cinq en 3e. Au fait, seront-il ajoutés aux repères officiels du Brevet ?

Certes, on note de-ci de-là de timides tentatives pour mettre en avant les points forts du programme à travers des formules de type « on centrera l’étude sur l’essentiel », sur les « permanences », les « temps forts », les « ruptures » et autres « traits communs » de tel ou tel thème.
Pourtant les études de cas en histoire, et notamment la possibilité de les choisir selon les ressources locales ou les intérêts de chacun, offriraient une piste pour renouveler les démarches pédagogiques. Le texte n’en propose que deux : une ville de l’Islam (en 5e) et un cas concret d’entreprise industriel du XIXe siècle (en 4e).

Enfin, les demandes « politiques » sont mises en avant : d’une part, le fait religieux (le débat n’est pas nouveau) ; d’autre part, la « dimension artistique et culturelle » en privilégiant les « ressources locales » (abbayes, château, musées, expositions, etc.) et les ressources en ligne (le site du Louvre est cité plusieurs fois en exemple).

En géographie

En géographie, l’approche pédagogique apparaît plus explicite, mieux cohérente et plus efficace. Elle est clairement structurée autour de plusieurs principes et outils.
- Les études de cas (cinq à huit sont proposées).
- Les cartes et les paysages, particulièrement en 6e et en 5e.
- Les changements d’échelle (locale, Etat et groupe d’Etats, continentale).
- Une notion clé pour chaque niveau, explicitement définie et présentée comme fil directeur :
- en 5e, la notion de « développement » qui conduit à celle sur le développement durable ;
- en 4e, la notion de « territoire » qui permet de réfléchir aux « limites de l’Europe » ;
- en 3e, la notion de « mondialisation » et l’étude de ses « effets géographiques ».

En conclusion : que faire de ces 25 pages ?

Et, tout d’abord, quel est leur statut : injonction, proposition, inutilité ?
En toute logique, ces « correspondances » devraient s’appliquer en attendant les nouveaux programmes du collège dont la mise en œuvre s’étalera à partir de la rentrée 2009 (pour le 6e) et jusqu’en 2012 (pour la 3e)… Mais imagine-t-on vraiment de l’ensemble des collègues se lancent à corps perdu dans des prescriptions provisoires conçues dans l’attente de « mieux » ?

Le débat sur les « repères » doit être (re)posé !
Par exemple, celui de « la fondation de Marseille par les Phocéens vers 600 avant J.-C. » est-il vraiment indispensable ? Etre capable de citer Marseille comme exemple de cité de Méditerranée occidentale fondée par les Grecs (de Phocée) serait tout à fait suffisant, non ? De même, quel est l’intérêt d’ajouter le chinois parmi les exemples d’écriture figurant comme « repères » en 6e si cela n’est pas intégré dans une présentation du monde chinois de l’Antiquité… A quoi bon faire apprendre une liste de repères aux élèves s’ils ne sont pas capables d’en comprendre et restituer le contexte ?

Voir aussi les autres réflexions du groupe Histoire-Géographie :
- Analyse des grilles de références pour les piliers 5 et 6 du "socle commun".
- Le socle commun et l’Histoire-Géographie : donner plus à ceux qui ont moins ?

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