9 décembre 2009
12,1 élèves par prof ?
Exemple : prenons une classe de 30 élèves auxquels doivent être dispensées 36h de cours hebdomadaires. Sachant qu’un prof assure 18h de cours, il faut donc deux profs pour cette seule classe, soit …15 élèves par prof ! Cas particulier : l’un des profs est en congé de longue durée, on fait appel à un remplaçant. Coût : 3 profs pour 30 élèves soit …10 élèves par prof ! Le calcul est tout simple : on divise le nombre d’élèves du second degré par le nombre d’équivalent temps pleins financés…et on trouve ce nombre repris à l’envi par nombre de ceux qui crient à l’inefficacité du second degré. Cela n’a évidemment rien à voir avec le nombre moyen d’élèves par division et encore moins avec le nombre d’élèves qu’un enseignant voit défiler devant lui toute la semaine (plus de 400 pour un prof de disciplines artistiques en collège, entre 150 et 200 pour un prof de langue ou de philo dans un lycée technologique…etc). Cela intègre les cours à petits effectifs (dédoublements, AI,…) et des disciplines (philo, EPS ou enseignements artistiques) qui ne font pas partie des enseignements obligatoires dans de nombreux pays présentés du coup comme plus performants.
100 millions d’euros
On a beaucoup entendu sur les heures supplémentaires. Ce qu’on sait moins, c’est que sur les 923 millions prévus au budget de l’Education nationale 2007 environ 100 millions n’ont pas été dépensés (par exemple, la moitié des heures prévues pour assurer les remplacements de courte durée) non pas faute de besoins mais faute de pouvoir les faire absorber par les enseignants. Le gouvernement est d’ailleurs tellement persuadé que les profs sont prêts à « travailler plus pour gagner plus » qu’il prévoit pour 2008 de financer à même hauteur (920 millions) la totalité des heures supplémentaires (y compris celles destinées à l’accompagnement éducatif). En plus, il est prêt à dépenser 400 millions (soit l’équivalent de 6350 emplois) pour la défiscalisation des HS alors qu’il ne prévoit que 102 millions pour l’amélioration de la situation des personnels.
« Je souhaite une fonction publique moins nombreuse, mieux payée, avec de meilleures perspectives de carrière » (N. Sarkozy)
« Moins nombreuse », on a vu : suppression de 22 800 emplois de fonctionnaires au budget 2008 dont 11 200 dans l’éducation nationale. « Mieux payée », cela reste à voir ! Avec 102 millions € prévus au budget pour revaloriser les carrières des enseignants du second degré cela fait environ 21€ par personne et par mois ; on est loin des 170% d’augmentation du salaire présidentiel ! Mais quel serait le coût d’une augmentation de 45 points d’indice, soit un mois de traitement de certifié 8ième échelon, pour tous les personnels du second degré : 900 millions d’euros…c’est beaucoup ? Beaucoup plus que ce qui est prévu mais moins que le coût annuel de la réforme du bouclier fiscal et de l’ISF évalué à 1,175 milliards au projet de loi de finance 2008. Vous avez dit « privilèges » ?
« …un lycéen coûte 22% de plus que la moyenne des pays européens » (X.Darcos, France-Soir 18 avril 2008)
Nombre de commentaires font état du coût particulièrement élevé du second degré français. Or, si les dépenses annuelles par élève de la France sont au dessus de la moyenne de l’OCDE, six pays affichent des dépenses supérieures, parfois très nettement (Etats-Unis ,Luxembourg…). De plus, cet indicateur de l’OCDE n’intègre ni les bourses, ni toutes les dépenses des ménages, ni celle de la formation des apprentis en entreprise. Les coûts apparaissent donc moins élevés dans les pays où le poids de l’apprentissage est important (comme l’Allemagne). L’indicateur, nettement moins médiatisé, qui donne la part de ces dépenses dans la richesse nationale montre lui que la France atteint tout juste la moyenne de l’OCDE. Enfin, si on s’intéresse au poids de la dépense totale d’éducation dans le PIB, on observe une baisse continue de ce dernier depuis 1995 en France. Au-delà du montant de cette dépense, l’étude de sa répartition entre les différents financeurs montre que la part des dépenses supportées par les ménages est passée de 6,9 à 7,6% en 10 ans. Aux Etats-Unis par exemple cette part est très importante. Ce n’est pas ce modèle porteur de plus d’inégalités que nous défendons. N.B. la dépense totale d’éducation est la DIE (dépense intérieure d’éducation) et comprend l’intégralité des financements (Etat, collectivités territoriales, entreprises, parents d’élèves, caisses d’allocations familiales…).
Les effectifs baissent de façon importante dans le second degré : cela justifie la baisse du nombre de postes
Les prévisions sont faites en tenant compte des évolutions démographiques et en faisant des hypothèses sur les évolutions de scolarisation qui prolongent celles observées ces dernières années et qui n’envisagent donc aucun progrès de scolarisation significatif. Par ailleurs , comme le montre le graphique ci-dessous publié dans la revue « Education et formation » de mai 2007, la DEP envisage avec les mêmes hypothèses une remontée des effectifs dans le second degré dès 2010 pour atteindre en 2015 le niveau de 2003.