19 décembre 2009
Monsieur le Ministre,
Nous avons pris connaissance du contenu de la circulaire « Reconquête du mois juin - calendrier 2010 de l’orientation et de l’affectation des élèves, du diplôme national du brevet, des baccalauréats général, technologique et professionnel et des brevets de technicien » publiée au BO n°45 du 3 décembre 2009.
Nous tenons à vous faire connaître notre surprise et notre désaccord devant votre décision de « pérennisation de la reconquête », dans des conditions que nous avons vivement contestées.
Vous avez chargé Monsieur le Recteur J-P. de Gaudemar d’une mission sur ce point, et nous avons demandé la publication de son rapport. En vain. Il aurait été pertinent que dans chaque établissement les personnels aient accès aux bilans transmis. Si votre choix est celui du secret, est-ce à dire que les informations reçues sont de nature à étayer la position de celles et ceux qui pensent que les conditions imposées dans les textes actuellement, lorsqu’elles sont appliquées, alourdissent de manière inacceptable les conditions de travail des enseignants, nuisent à la rigueur des examens et à la qualité de l’orientation, et ne permettent pas d’assurer un travail efficace avec les élèves ?
Nous avons bien noté que certaines modifications dans le calendrier du baccalauréat vont permettre aux élèves d’avoir des journées d’examen moins lourdes, ce que nous avions demandé et qui était nécessaire en particulier pour les élèves en situation de handicap. Cependant les élèves de la série S auront toujours une dernière journée anormalement chargée.
Nous ne pouvons que continuer d’affirmer que ce calendrier ne répond pas, sur nombre de points à la demande de la profession en lycée, et ne répond à aucune de celles formulées par la profession en collège. Il est inacceptable en l’état, et nous vous demandons de le modifier, en prenant en compte les demandes que nous vous avons fait parvenir dès le mois d’octobre.
a) Les dates de la session 2010 du baccalauréat
Nous réitérons notre demande que les épreuves du baccalauréat commencent le lundi 14 Juin et que les premières soient la philosophie et l’EAF, qui sont les plus lourdes pour les correcteurs. Seule l’épreuve d’Histoire Géographie a été avancée comme demandé, ce qui améliore les conditions de correction. Chaque année, le baccalauréat fonctionne grâce au sens de la responsabilité des personnels. Les conditions qui leur sont faites et le mépris dans lequel ils sont tenus rendent plus difficile leur engagement, nous vous demandons de le comprendre au moment où vous avez toute possibilité d’intervenir.
b) Les conditions de convocation
Nous ne pouvons accepter que soit laissé à l’appréciation des Recteurs, voire des chefs d’établissement, le fait que les enseignants examinateurs du baccalauréat soient ou non déchargés de leurs cours. Cela crée une réelle inégalité de traitement pour les élèves comme pour les enseignants. Les professeurs enseignant en collège et convoqués pour le baccalauréat doivent être déchargés de cours, en particulier dans les cités scolaires. Pour l’EAF, nous avons demandé que les examinateurs n’aient pas en charge la correction de l’écrit et l’évaluation de l’oral sur la même période. De même tout doit être mis en œuvre pour éviter qu’ils ne soient convoqués à la fois pour le baccalauréat et pour le BTS, ce qui est trop souvent le cas pour les disciplines générales.
Nous vous demandons de le rappeler aux Recteurs.
Ce texte ne nous donne par ailleurs aucune garantie que les viviers d’examinateurs vont être traités avec plus de rigueur et plus tôt dans l’année scolaire afin que soient convoqués tous les enseignants concernés. Or nous rappelons que les enseignants souhaitent voir cadrée leur charge de travail, nombre de copies maximum, nombre de candidats à l’oral par demi-journée, pour que soient harmonisées les conditions de l’évaluation. Par exemple la demande de 12 jours de correction en philosophie ne relève pas du confort mais de la nécessité.
Nous vous demandons d’intervenir auprès des Recteurs dans ce sens. Il nous semble important également que soit rappelé à tous que les enseignants stagiaires n’ont pas à être convoqués comme examinateurs au baccalauréat.
c) Les conditions de l’orientation
Nous vous avions demandé de prendre en compte les difficultés rencontrées dans la gestion des procédures d’orientation l’an passé pour le calendrier de cette année et avons dénoncé la multiplication de pré-conseils, qui reviennent à nier le rôle du conseil de classe. Rien n’a été amélioré dans ce domaine.
En collège, pour tenir compte des contraintes de temps, des académies semblent avoir fait le projet d’effectuer des « pré-affectations » avant la tenue des conseils de classe et de limiter le nombre de tours dans le traitement des demandes d’affectation. Ceci nous semble très préjudiciable à l’expression des vœux des familles sur lesquelles pèsera la crainte d’une affectation plus défavorable car tardive, si elles maintiennent leurs souhaits. Cette disposition nouvelle ne peut également que peser sur les conseils de classe qui seront pris dans les contradictions liées aux procédures administratives, au détriment des considérations pédagogiques.
En lycée, le calendrier des premiers vœux des élèves en classe de Terminale a été encore plus compacté. Ces vœux sont censés être étudiés par les équipes pédagogiques « à la fin du premier trimestre ». De fait les conseils de classe de terminale ont eu lieu sans que la circulaire ait pu être appliquée.
En classe de Seconde, l’objectif est de diminuer le nombre de procédures d’appel. Nous contestons ce choix, qui ne prend pas en compte l’intérêt véritable de l’élève. Comment imaginer qu’un simple engagement à participer à un stage en fin d’année scolaire, stage qui ne pourra être proposé dans nombre d’établissements, puisse entraîner quasi automatiquement le passage que le conseil de classe a jugé impossible ? S’agit-il de remédier à la difficulté scolaire ? Selon nous, c’est décider de faire passer des élèves qui n’auront souvent en classe de Première d’autre « choix » qu’une réorientation.
d) La question de la laïcité et la place des établissements privés
Nous vous avions fait part de difficultés rencontrées par les collègues en Bretagne mais aussi en Région Parisienne. Vous n’avez pas jugé utile de rappeler dans la circulaire ce qu’implique la notion de laïcité dans l’École et nous le regrettons. Il n’est pas tolérable par exemple que des signes religieux tels que des crucifix ne soient pas retirés des salles d’examen.
Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de modifier la note de service publiée au BO n° 45 du 3 décembre 2009.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées