US 748 du 13 décembre 2014

Lutte contre le décrochage : Encore un plan... sans moyens

140 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme autre que le brevet, ils sont 620 000 jeunes entre 16 et 25 ans à être en difficulté pour une insertion professionnelle faute de qualification.

Face à ce constat, la ministre de l’Éducation nationale a lancé le 21 novembre un nouveau plan de lutte contre le décrochage scolaire. Ce plan s’articule autour de trois axes :

- Tous mobilisés contre le décrochage, qui demanderait une action quotidienne de tous les acteurs, une meilleure implication des parents dans la vie des établissements, une « semaine de la persévérance scolaire » organisée dans chaque académie et la mise en place d’un numéro vert.

- Faire le choix de la prévention, en formant spécifiquement les enseignants, en construisant des réponses individualisées, en développant des alliances avec des partenaires extérieurs et en mettant en oeuvre les potentialités du numérique.

- Une nouvelle chance pour se qualifier, par une modularité des formations permettant des certifications partielles, par la mise en place de structures de remédiation et par la mise en oeuvre du droit au retour en formation initiale pour les jeunes sans qualification.

Si l’ensemble du plan peut sembler intéressant, il est regrettable que lorsqu’on entre dans le détail des mesures, aucun moyen spécifique ne semble prévu. À titre d’exemple le « droit de retour en formation » ne pourra s’exercer que dans les formations où il existe des places vacantes en CAP ou bac pro.

DES FINANCEMENTS AU CONDITIONNEL

D’autre part, les dispositifs d’accompagnement, qui mettent différents acteurs en responsabilité (CO-Psy, MLDS, missions locales, Pôle emploi...) semblent bien peu respecter les missions et les statuts des personnels au risque d’introduire de grandes confusions notamment entre les différentes structures contribuant au SPRO. Dans l’annonce, la ministre indique que les financements reposeraient sur une forte sollicitation des fonds européens (pour 50 M€) et sur les économies attendues par la mise en oeuvre du plan (un décrocheur « coûterait » 230 000 € tout au long de sa vie).

Au passage, la ministre lancerait « une étude d’opportunité sur l’allongement de la scolarité à 18 ans »... Chiche !

Thierry Reygades

Autres articles de la rubrique US 748 du 13 décembre 2014

  • Rénovation hôtellerie
    Le projet de rénovation de la série technologique Hôtellerie est en consultation à différents niveaux : sur eduscol les horaires et certains programmes des enseignements de Seconde :... Lire la suite (Décembre 2014)
  • Conférence sur l’évaluation des élèves : Elargir le débat
    Au-delà de l’évaluation chiffrée toujours en débat, la conférence ministérielle doit élaborer des recommandations partagées par l’ensemble de la communauté éducative. Réunie les 11 et 12 décembre, elle a... Lire la suite (Décembre 2014)
  • Evaluation des élèves : Le CSP s’en mêle
    Le CSP a publié ses propositions concernant l’évaluation. Ce projet est d’autant plus inquiétant qu’il valide le socle ! Le CSP précise que les évaluations assurent une fonction didactique et... Lire la suite (Décembre 2014)
  • REP+ : Mobilisés et déterminés
    La volonté affichée par le ministère sur une véritable relance de l’Éducation prioritaire a suscité bien des espoirs. La réalité est tout autre. Les personnels avec le SNES-FSU sont déterminés à se faire... Lire la suite (Décembre 2014)
  • Versailles : Hauts-de-Seine (92)
    Avec huit réseaux supprimés, c’est l’un des départements de France qui connaît la restructuration la plus forte... C’est huit collèges, douze lycées et trente-neuf écoles concernés, au nom d’un discours... Lire la suite (Décembre 2014)