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Un film de Lars Blumers (France)

"Mike" Sortie en salles le 22 juin 2011

Ils sont trois copains, Mike, Fred et JC. Ils ont vingt ans et ont grandi dans le même village d’Alsace, Kembs, 4284 habitants, situé à la frontière de l’Allemagne et de la Suisse.
Ils passent le temps comme ils peuvent, entre matches de foot, plans foireux échafaudés au fond d’un garage et virées en moto.
Mike a une autre passion, les voitures et de préférence les grosses cylindrées. Il les "emprunte" plus qu’il ne les vole. Il en force la portière, fait une pointe de vitesse sur quelques kilomètres et les ramène, en toute innocence, aux endroits où il les a trouvées.
C’est au volant d’une Porsche qu’il séduit Sandy. Mais leur histoire ne s’arrête pas au bout de la ballade qu’ils font ce jour la.

Sa rencontre avec la jeune fille apparaît à Mike comme le signe que dorénavant, la chance va lui sourire.
Ses sentiments, puisqu’ils sont profonds, vont le contraindre à de nouvelles règles de vie mais saura-t-il amorcer ce virage salutaire ?
Lars Blumers avait été intéressé par un fait divers survenu dans cette région d’Alsace qu’il connaît bien. Un jeune garçon déterminé à faire que ce qu’il avait envie de faire et rien d’autre, coutumier des "emprunts" de voitures s’était fait tuer par la police suisse lors d’une équipée. Un autre fait avait attiré son attention. Toujours dans cette même région, des industriels locaux passionnés de voitures de collection, avaient, à cause de leur ruineuse passion et des engagements financiers qu’elle entraînait mis en péril leur entreprise, et à cause de ce caprice de riches, réduit des ouvriers au chômage.
A la suite d’entretiens qu’il a eus avec la famille du jeune homme, Lars Blumers devait apprendre que Mike était un garçon heureux. Qu’il n’avait sans doute pas tout à fait conscience que ses actes, qui répondaient à une passion, étaient une atteinte à la propriété d’autrui. A partir de là, il a décidé que malgré la fin tragique, un contexte plutôt noir, son récit ne serait pas sombre, qu’il reposerait sur des situations cocasses, sur l’innocence du personnage et sur l’absence de toute stratégie à long terme.
Le mélange des tons, les ruptures, apportent au film sa singularité et Lars Blumers, parce qu’il s’attache vraiment au personnage de Mike, qu’il le suit de très près, parvient à renouveler totalement le sujet maintes fois traité au cinéma du post- adolescent désœuvré, pris au piège d’une petite agglomération rurale, et que l’inaction offre à toutes les dérives.
Le réalisme est ici souvent traité de façon burlesque surtout quand il s’agit des parents de Sandy, un couple de protestants coincés dont la grande tolérance cesse dès qu’ils ne sont plus dans la théorie mais confrontés aux faits.
Pour toutes ces raisons,"Mike" n’est pas qu’un film de plus sur le sujet. C’est une œuvre forte et personnelle, et le portrait juste et tendre d’un adolescent d’aujourd’hui.
Francis Dubois

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