Mandats

Motion SNES LR Congrès 2003 (Toulouse)

Motion langues vivantes régionales votée au congrès national du SNES Toulouse 2003

1. Les raisons d’enseigner les langues régionales

­ Elles font partie du patrimoine et de l’identité nationale à la fois au titre des liens historiques qui unissent un grand nombre de ces langues à la langue française et au titre des culture régionales passées et présentes dont elles sont le témoin et l’expression.
­ Elles participent de la diversité constitutive de l’identité nationale.
­ Beaucoup d’entre elles ont des liens, des filiations, avec les langues de nos proches voisins et sont une façon d’accéder plus facilement à leur culture ; certaines sont des langues couramment parlées dans quelques unes des régions des pays voisins.
­ Elles permettent de profiter de formes originales de bilinguisme qui favorisent, comme il est maintenant admis par les linguistes, l’apprentissage des langues vivantes chez les enfants.
­ Beaucoup de familles sont très attachées à ces langues comme repère d’une identité culturelle spécifique au sein de la nation à l’heure où la standardisation des pratiques culturelles pèse à l’excès sur les mentalités et les comportements ; ces familles réclament que l’Education nationale prenne mieux en compte ces préoccupations et offrent un enseignement de ces langues de bonne qualité.
­ Dans les DOM-TOM, c’est encore plus que cela qui se joue : tahitien, langues mélanésiennes, créoles, constituent des enjeux politiques, culturels et sociaux que la République ne peut ignorer et qui sont liés très directement au statut et à l’avenir de ces départements et territoires. Elle ne peut pas non plus ignorer le droit à l’autodétermination des populations des DOM-TOM notamment sur la question des langues régionales.

2. Les conceptions antagonistes

Il faut cependant clarifier les conceptions et éviter les pièges tendus aussi bien par le culte des particularismes et des réflexes identitaires que par des conceptions uniformisantes de la culture au nom de l’unité nationale.
­ Apprendre les langues régionales, ce n’est pas se replier sur un passé révolu et un patrimoine mort : la conservation des langues de France doit aller de pair avec la création culturelle contemporaine.
­ Ce n’est pas non plus exacerber des sentiments régionalistes qui pourraient, à terme, menacer l’identité nationale : nombre d’élus, qui ne sont pas tous d’extrême droite, sont tentés, au nom des spécificités régionales, de faire éclater les cadres constitutifs de la République et des services publics qu’elle a mis en place, et s’exonèrent des règles qui régissent le service public d’enseignement.

3. Etat des lieux

1) L’enseignement optionnel
L’enseignement optionnel est cadré par la circulaire N° 2001-166 du 5/09 /01 qui prévoit un horaire hebdomadaire différent selon qu’il s’agit d’un enseignement obligatoire ou facultatif :
-  au titre de la LV obligatoire : 3 heures en 6ème pour tout élève ayant chois une LR en primaire avec un accès privilégié à une LVE ;
-  2 heures au moins pour tout élève de 6ème souhaitant recevoir un enseignement facultatif de LR, enseignement qui se poursuit en 5ème puis en 4ème et 3 ème dans le cadre des enseignements optionnels obligatoires ou facultatifs avec prise en compte au brevet.
-  La LR peut être également choisie en LV2 à partir de la 4ème ou en LV3 à partir de la seconde.
Cette circulaire n’est respectée dans aucune académie :
-  compte tenu des cartes des langues vivantes, il y a peu de possibilités de choisir une LR en primaire donc pas de suite organisée en 6ème.
-  Le passage de 1 h à 2 H dès la 6ème de l’enseignement facultatif est resté lettre morte.
-  Au lycée, les LR subissent le même sort que les LVE. En effet la réduction des options a mis à mal la LV3.
-  Les horaires insuffisants de l’enseignement optionnel entraînent pour les enseignants des services éclatés sur plusieurs établissements et donc des conditions de travail et une implication pédagogique difficiles .

2) L’enseignement bilingue

S’appuyant sur l’article 2 de la constitution modifié en 1992 et la loi Toubon du 4 août 1994 le Conseil d’Etat a annulé plusieurs textes relatifs aux Langues régionales dont l’arrêté sur l’enseignement bilingue à parité . Concernant ce dernier texte , l’annulation par le Conseil d’Etat place dans une situation de non droit l’enseignement bilingue à parité en attendant que de nouveaux textes soient adoptés .

Le service public propose un enseignement bilingue dit à parité horaire :
-  dans le 1er degré , la moitié des enseignements se fait en LR et l’autre moitié en français ;
-  dans le second degré, les élèves reçoivent au minimum un enseignement de 3 heures de LR et un enseignement en LR d’une ou plusieurs disciplines ; le plus souvent , seule l’histoire-géographie est enseignée en LR ; la parité est donc rarement atteinte.
-  En principe , pour les disciplines enseignées en LR , les élèves peuvent composer en LR aux examens (brevet , bac ) .
-  Discontinuité : l’enseignement bilingue étant implanté en fonction de la demande des familles, il y a souvent incohérence et discontinuité dans l’offre d’enseignement.
- 
3) Formation et recrutement des enseignants

La circulaire n°2001-166 du 5 /09/2001 prévoyait un plan de développement des LR or on constate, dans le cadre du budget 2003 une baisse du nombre de postes offerts au CAPES externe qui affecte particulièrement l’occitan.
Outre les problèmes de formation communs aux autres disciplines, se pose le problème de la formation des maîtres du bilingue dans le second degré.. Lorsque le CAPES est bivalent, la palette des disciplines couvertes par la 2ème valence est insuffisante (Histoire géo et math) voire inadaptée (anglais, lettres...) pour couvrir les besoins de l’enseignement bilingue. Les Rectorats sont obligés de faire appel à d’autres collègues capables d’enseigner leur discipline en LR. Si l’institution n’organise pas la formation adéquate, ce vivier va vite s’épuiser. De plus, l’affectation se ne fait pas toujours dans des conditions satisfaisantes.

4. Les revendications du SNES

Il est nécessaire que des textes plus solides garantissent la place et l’enseignement des langues régionales.
Les demandes sont les mêmes qu’en LVE en ce qui concerne la diversification, la continuité, l’information et l’éducation au choix des familles, le respect des horaires nationaux, le non-regroupement.

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