Mandats

Motion LR congrès FSU 2013 (Poitiers)

Motion « Langues régionales : une question toujours spécifique et un nouveau contexte »

Défendre les langues de France contribue à maintenir et à développer la diversité et la richesse culturelles du monde.

Si aujourd’hui 270000 élèves reçoivent un enseignement de et/ou en langue régionale, l’UNESCO classe la plupart de nos langues parmi les langues en danger. Face à l’évolution de la transmission familiale, le service public d’éducation est investi d’un rôle majeur pour transmettre ces langues et assurer leur pérennité.

Depuis la loi Deixonne (1951), le Ministère de l’Education nationale a procédé par arrêtés et circulaires. Parmi les avancées, depuis les circulaires Savary (1982) et Lang (2001) :
- un enseignement bilingue précoce à parité horaire ;
- les CAPES de LR ;
- les concours de recrutement spéciaux des PE ;
- la création des CALR.

Puis en 2005, la loi Fillon sur l’Ecole prévoit la mise en place de conventions Etat-Régions :

“Un enseignement de langues et cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité selon des modalités définies par voie de convention entre l’État et les collectivités territoriales où ces langues sont en usage.” (chapitre III article 20 de la loi et premier alinéa de l’article L.312-10 du code de l’éducation)

La FSU avait pointé le risque de désengagement de l’Etat et les inégalités probables entre régions. Cette analyse s’est révélée juste : là où les collectivités territoriales s’investissent (Bretagne, Pays Basque, Corse...), il est possible de peser tous
ensemble pour obtenir des ouvertures et combattre des fermetures. Des politiques linguistiques sont également définies avec des objectifs non seulement pour l’Ecole mais aussi pour la culture, la création, la petite enfance, l’audiovisuel, la toponymie, le soutien à la transmission familiale, etc. Dans ce cadre, des régions mettent en place des bourses pour permettre à des étudiants de se former en langues régionales. Certaines créent des Offices Publics qui peuvent réaliser des études et analyses que les Rectorats et les DSDEN (ex IA) ne font pas.

Dans le même temps, l’Etat a accentué son désengagement : diminution drastique du nombre de postes aux CAPES (voire au CRPE), insuffisance de postes d’encadrement et d’animation pédagogiques, formation initiale sacrifiée comme dans les autres disciplines, aucune politique volontariste de formation notamment pour les futurs PE ou encore des titulaires en poste désireux de se former en LR…

Si les politiques linguistique et culturelle volontaristes de certaines régions sont louables, la FSU rappelle son opposition au désengagement de l’État vis-à-vis du service public d’éducation.

La FSU demande donc que l’Etat réaffirme dans les principes et dans les actes le rôle du service public d’Education pour l’enseignement bilingue, l’enseignement de et ou en langue vivante et l’enseignement optionnel des langues régionales. La FSU demande aussi que l’enseignement bilingue tel que défini par les textes en vigueur
soit réservé aux LR : par exemple, l’alsacien et le francique en Alsace et en Moselle, l’enseignement de l’allemand relevant d’autres dispositifs.

Le service public a vocation à accueillir tous les jeunes. Il doit donc être en mesure d’offrir à tous les élèves la possibilité d’une scolarité dans une filière bilingue, de la maternelle au baccalauréat, proche du domicile et dans de bonnes conditions pédagogiques, égales pour tous sur tout le territoire. Cela suppose que les recrutements soient revus à la hausse et que les formations initiale et continue soient de qualité. L’Etat doit s’en donner les moyens, y compris par la mise en place de pré-recrutements.

La FSU n’est pas opposée à un partage des compétences entre l’Etat et les régions mais exige le respect des compétences suivantes :

- l’Etat doit rester maître d’oeuvre du recrutement, de la formation initiale et continue, de la gestion des enseignants (affectation, carrières) ainsi que des programmes.

- L’Etat doit reconnaître les langues régionales comme des langues à part entière, traitées comme telles (horaires, programmes et épreuves nationales).

L’implantation des sections bilingues, enseignements optionnels et langues vivantes dans le premier et le second degré pourrait relever d’une concertation entre l’Etat et les collectivités territoriales, l’Etat restant de fait maître de la décision (cf. 1er tiret).

Les différentes instances paritaires de concertation doivent être consultées obligatoirement. Idem pour l’expression des besoins en recrutement.

En tout état de cause, la FSU considère qu’une loi-cadre est nécessaire pour sécuriser la situation des langues régionales notamment dans le service public d’éducation. Elle demande aussi que ces langues soient prises en compte dans la future loi d’orientation sur l’école.

Sur les questions plus spécifiques du premier degré et du second degré, la FSU reprend les mandats de ses syndicats nationaux, exprime son souhait de continuité de l’enseignement et demande une politique d’offre généralisée.

Elle réaffirme son opposition à la RGPP.

Enfin, la FSU portera ses mandats dans toutes les instances où ces questions sont traitées.

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