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Un film de Bernard Rose (Grande-Bretagne)

"Mr. Nice" Sortie en salles le 13 avril 2011

Originaire d’un petit village minier du Pays de Galles, Howard Marks, dont Mr Nice est un nom d’emprunt, est admis à Oxford à la fin des années 60. Il y obtient un diplôme en Physique nucléaire et un master en philosophie. C’est au cours de cette période qu’il découvre les plaisirs des soirées psychédéliques. Par hasard et pour rendre service, il accepte de passer de la marijuana à bord d’une voiture. A cette occasion, il prend goût à l’argent facile et au plaisir du risque. Ses amitiés dans les services secrets et avec un chef de l’IRA, l’aideront à établir un réseau de transport de cannabis entre le Pakistan et Londres et à passer longtemps entre les mailles du filet.
En dépit d’une certaine candeur, d’un sens de l’humour et d’un penchant pour la fantaisie, il se retrouve bientôt à la tête du plus grand trafic de marijuana d’Europe.
Il sera finalement rattrapé et devra purger une peine de prison de 25 ans à Terre Haute, le pénitencier le plus dur des Etats-Unis. Mais il est libéré prématurément sur parole en 1995.
A sa sortie de prison, en 1996, sur la demande d’un éditeur, il accepte d’écrire son autobiographie.

C’est cet ouvrage foisonnant qui a été adapté par Bernard Rose pour le cinéma.
Le film retrace la vingtaine d’années pendant lesquelles, jouant de ses liens avec la CIA, l’IRA ou la mafia, Howard Marks et sans se départir de sa fantaisie et d’une étonnante sérénité, a été amené à jongler avec des tonnes de haschich et des millions de dollars.
La façon dont il mène ses stratégies, dont il s’approprie la confiance de ses partenaires, le plaisir qu’il a à aller au plus près du risque en fait une sorte d’équilibriste toujours vacillant mais toujours triomphant. Et sa vie ressemble à un château de cartes qu’il aurait construit jusqu’au plus haut possible, jusqu’à l’effondrement auquel sans doute il s’attendait et qui devait immanquablement survenir.
Si le récit est de facture plutôt classique, si les épisodes, sans doute dans le souci de rendre le plus exactement possible le contenu foisonnant du livre, s’alignent sans recherche ni originalité, toute la force du film réside dans la façon dont est traité le personnage de Howard Marks. On se serait attendu à ce que celui qui fut le plus gros trafiquant de haschich de tous les temps, qui changea 43 fois d’identité, eut des liens étroits avec la CIA et la mafia, se présente sous l’aspect d’une sorte d’homme d’affaires austère et autoritaire. C’est tout le contraire et il y a chez lui, une indéniable parenté avec les aventuriers de légende, désinvoltes et efficaces. Quelque chose de rocambolesque.
Et il se dégage du personnage tant de fantaisie, tant d’humour et de légèreté que même les scènes les plus dramatiques du récit en sont imprégnées et que le récit, dans son ensemble, quoique académique, s’en trouve allégé.
Francis Dubois

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