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Un film de Hiner Saleen (Kurdistan-France-Allemagne)

"My Sweet Pepper land" Sortie en salles le 09 avril 2014

Au carrefour de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie, un village perdu des montagnes est le lieu de tous les trafics et de tous les abus.

C’est à cet endroit où tous ses prédécesseurs se sont "cassé le nez" que Baran, jeune officier de police choisit d’être affecté, dans l’intention de rétablir un climat plus serein et de lutter contre les injustices.

Aidé de son adjoint, cet ancien combattant de l’indépendance kurde va devoir, en premier lieu, lutter contre Azig Aga et ses hommes, sorte de cellule mafieuse qui fait régner la terreur dans le village mais également sur toute la région alentour.

Le trafic auquel se livre Azig Aga porte essentiellement sur des cargaisons de faux médicaments ou sur des marchandises périmées.

C’est dans ce même village que Govend, jeune institutrice, a décidé malgré de nombreuses réticences, d’enseigner aux enfants.

L’union dans l’action de l’officier de police déterminé et de la fonctionnaire féministe les amèneront à réussir là où chacun séparément ne serait pas parvenu.

Hiner Saleen avait été frappé, alors qu’il était enfant, par la phrase que son grand père prononçait de façon récurrente et qui disait parlant du peuple kurde :" Notre passé est triste, notre présent est tragique, mais heureusement, nous n’avons pas d’avenir."

Le cours de l’histoire l’aura fait mentir dès 1991.

Après des mois de débâcle où des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants bloqués face à des frontières fermées trouvèrent refuge dans les montagnes et la défaite de Saddam Hussein au Koweit, les kurdes, aidés par les États-Unis, l’Angleterre et la France ont pu gérer leurs propres affaires indépendamment de Bagdad. Le pays est en pleine mutation, il est devenu un immense chantier prometteur.

La vie a pu reprendre. Les villages ont commencé à renaître de leurs cendres. Des élections libres ont permis aux kurdes d’avoir leur propre parlement, d’élire un gouvernement et de créer une armée et une police nationales nécessaires à un rétablissement de l’ordre.

C’est sur ce canevas qu’Hiner Saleen a construit le récit de son film dans la tradition du western hollywoodien.

Baron réinvente pour cela le personnage du justicier solitaire, Azig Aga et ses hommes, les hors-la-loi semeurs de terreur et Govend, l’héroïne vulnérable mais déterminée à mener à bien un projet louable.

Des paysages de montagnes arides fournissent le décor qui convient.

Si Hiner Saleem calque le déroulement de son récit sur un genre qui a fait les beaux jours du cinéma hollywoodiens dans les années 50-60, il ne perd jamais de vue la gravité de son propos et les difficultés que rencontre une démocratie pour se mettre en en place.

S’il n’hésite pas, comme dans la scène d’ouverture du film à teinter de comique, voire de burlesque, des moments dramatiques (Le bourreau a oublié de se procurer une corde nécessaire à la pendaison d’un condamné), c’est par contraste pour mieux faire la lumière, avec une légère distanciation sur des situations complexes, des traditions tenaces, des contraintes ancestrales barrant le chemin à la bonne progression des choses.

Les clichés dont il parsème son scénario et qu’il assume totalement donnent à "My sweet pepper land" , une sorte de légèreté, un optimisme, une liberté de ton qui en font un film grave à mi-chemin entre une réalité semée d’embûches et une fiction d’aventures dans la tradition du film romanesque.

Les comédiens sont tous épatants.

Francis Dubois

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