En bref

Négociations salariales dans la fonction publique

L’élaboration du projet de loi de finances pluriannuel devait être précédé d’une « négociation » salariale portant sur les trois prochaines années. Une seule réunion s’est finalement tenue le 3 juillet. Contrairement au mois de février dernier, le gouvernement n’a même pas cherché à faire acter ses propositions dans un accord.

L’annonce d’une revalorisation des indemnités kilométriques inchangées depuis deux ans et demi et celle d’une meilleure contribution aux frais de déplacement domicile – travail à venir ont suffi au ministre pour esquiver la demande de la FSU d’aborder la situation de 2008. Pourtant l’évolution des prix à la consommation, avec un rythme annuel de hausse de 3,6% selon l’INSEE, de 4% selon l’indice harmonisé au niveau européen, apparaissait déjà en décalage total avec les mesures salariales prévues pour 2008 : +0,5 au 1er mars et +0,3% au 1er octobre.

Pour les années 2009 à 2011, c’est en dehors de toute prévision sérieuse sur les prix que le ministre annonce une augmentation annuelle de 0,5% au 1er juillet, complétée en 2009 par 0,3% au 1er octobre. La comparaison avec l’inflation se ferait pour chaque année au printemps suivant !

Pour le ministre, la réunion aura été l’occasion de réaffirmer le principe d’une hausse des traitements en deçà des prix. Il entend développer la partie indemnitaire des rémunérations pour une plus grande individualisation en liant celles-ci à l’emploi occupé et à la performance. La GIPA, « garantie individuelle de pouvoir d’achat », qui sera versée à l’automne à certains d’entre nous et pérennisée les années suivantes, est un des éléments de cette politique. Elle tente de masquer les pertes de pouvoir d’achat de nos traitements par une indemnité versée en fin de carrière. Pour les plus jeunes, c’est la progression d’échelon qui doit assurer le maintien du pouvoir d’achat. En conséquence, chaque génération est moins rémunérée que celles qui l’ont précédée, sauf à solliciter des affectations difficiles et à accepter des heures supplémentaires.

Cette politique est néfaste. Pour l’emploi, qui oppose rémunération des salariés et emploi des chômeurs ou des débutants ; pour les salariés, dont un nombre important ne peut faire face aux dépenses indispensables ; pour la croissance, avec la faiblesse de la consommation des ménages.

Le SNES et la FSU considèrent que le pouvoir d’achat est une revendication qui peut mobiliser ensemble tous les salariés, actifs et retraités. Rassemblement à construire, pour une bonne rentrée !

Autres articles de la rubrique En bref