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Un film de John Erick Dowdle (USA)

"No escape" Sortie en salles le 2 septembre 2015.

Jack, un ingénieur américain, arrive pour une mission dans un pays où il imaginait qu’il aurait avec sa femme et ses deux petites filles qui l’ont accompagné, une vie paradisiaque de nanti.

Mais dès son arrivée, le projet mirifique tourne court.

Un coup d’état éclate dans la ville et la tête des expatriés se trouve aussitôt mise à prix. La vie de Jack est d’autant plus en danger que la société pour laquelle il allait travailler est contestée et dans le collimateur de l’insurrection..

Aidé par Hammond, un mercenaire britannique rencontré pendant le voyage en avion, l’ingénieur et sa famille n’ont plus qu’une solution, fuir le pays et tenter de trouver l’asile de l’autre côté de la frontière.

Cinéma : No escape

Le scénario de " No escape " semble pressé de plonger le film dans le vif de son sujet avec l’enchaînement des péripéties de la famille à travers une ville mise à feu et à sang et qui constituent l’essentiel du récit.

A peine les premières images ont-elles le temps de montrer la belle harmonie du couple ainsi que la parfaite complicité du père et de la mère avec les enfants, que la famille est déjà confrontée à une violence aussi subite qu’extrême.

A peine a-t-on le temps, au cours du voyage de l’aéroport à l’hôtel, de porter un regard avec les protagonistes sur la misère qui règne dans la ville.

Et pendant une heure et demie, ce ne seront sur l’écran que tirs d’armes fournis, fuites sous les balles, sauts dans le vide pour échapper aux poursuivants, entassements de cadavres et regards horrifiés des deux gamines.

Il semble y avoir une contradiction dans l’histoire même de ce film qui est à la gloire de la famille et dont le déroulement n’est qu’une suite de scènes de violence.

Le récit de " No escape " apporte la preuve qu’à condition d’être affectueuse, unie et complice, une famille peut tirer son épingle du jeu de situations intenables et insoutenables et traverser sans laisser de plumes les plus grands dangers.

Mais la démonstration se fait au prix de tant d’horreurs guerrières qu’elle en devient suspecte.

L’idée première des scénaristes était de faire de Jack, le personnage principal, un « monsieur tout le monde » loin des héros des films d’action. Il semble que cet objectif soit passé à la trappe au cours de l’écriture. Car Jack n’a pas son pareil pour trouve la meilleure solution quand il s’agit de sauver sa peau et de tirer d’affaire sa famille. Même si dans le dernier tiers du film, la femme prend le relais et que c’est elle qui fait preuve de la plus grande efficacité et de violence.

Il est probable que la matière de " No escape " soit dans l’air du temps, que la violence quand elle est banalisée comme ici par la force de la nécessité puisse passer pour du divertissement.

Des films de la trempe de celui-ci seraient-ils devenus une option possible du film du samedi soir ?

C’est non, car il n’y a plus de film du samedi soir et qu’on ne va plus, depuis belle lurette, au cinéma en famille.

Francis Dubois

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