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Un film de Christophe Honoré (France)

"Non ma fille tu n’iras pas danser" Sortie en salles le 2 septembre

Léna a beau prendre de bonnes résolutions, elle rate à peu près tout ce qu’elle entreprend et la scène d’entrée du film résume bien son personnage : au moment de prendre le train, en pleine gare Montparnasse, la voilà à la recherche de son fils. Elle le retrouve penché au-dessus d’un oiseau blessé, que dans la précipitation, elle fourre dans son sac. Ses grandes enjambées dans un hall surpeuplé n’ont aucun sens. Elles sont désordonnées et inefficaces.
Léna est de ces êtres pour lesquels les règles élémentaires de la vie, l’idée du devoir, le jugement social et l’ordre familial sont autant d’entraves à son désir d’aimer, de penser ou d’être tout simplement elle-même.
Arrivée en Bretagne dans la maison familiale, elle constate que son père, sa mère, sa sœur ont décidé de lui venir en aide, de remédier à ces carences qui minent son existence. Ils ont entre autre, pris l’initiative d’inviter Nigel, son ex mari, le père de ses enfants Anton et Augustine. Doit-elle rester, doit-elle partir ? Doit-elle renouer avec Simon avec qui elle a eu jadis une aventure passagère. Autant de questions qui, restant sans réponse, ajoutent à la confusion où s’enlise son existence…
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Après la trilogie parisienne que constituent "Dans Paris", "Les chansons d’amour" et "La belle personne" Christophe Honoré fait, avec "Non ma fille tu n’iras pas danser" un crochet par sa Bretagne natale avec une chronique familiale réjouissante de justesse, de fantaisie, faite d’instantanés qui rendent hommage, en allant au plus près des personnages et des situations, à ces liens qui tissent, les limpides et obscures relations qui s’établissent entre les membres d’une famille. Les meilleures intentions engendrent parfois les pires maladresses et ce personnage-oursin de Léna sans cesse sur la défensive non seulement vis à vis des autres mais aussi vis à vis d’elle-même finit par n’être bien que dans l’incertitude, la confusion et ce constant manque de confiance en elle.
Christophe Honoré serait-il un farceur tendre qui porterait un regard malicieux, lucide et affectueux sur ce monde singulier qu’est une famille ? Le récit prend tout à coup un chemin de traverse, jusqu’à introduire, au bon milieu du film au risque de casser le fil, l’illustration du conte qu’Anton est en train de lire et qu’il raconte à sa mère, l’histoire de Katell Gollet qu’on retrouve dans les pardons bretons, dont l’image est gravée sur les calvaires et qui, pour défier son père, épouse le diable…
Après une cassure très nette, le récit reprend mais reprend-il de la même façon ?
"Non, ma fille tu n’iras pas danser" est une film drôle avec des comédiens complices dans des scènes franchement hilarantes. C’est à la fois un film grave et un film espiègle et, pour conclure, une franche et belle réussite.
Francis Dubois

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