Notes de conjoncture 2013-2014

Note de conjoncture - Janvier 2014 B. Boisseau

L’année 2013 s’est terminée dans une certaine euphorie, notamment du côté des Bourses qui ont pleinement profité des politiques accommodantes des banques centrales pour battre tous les records de hausse. L’ « économie réelle » suscite beaucoup plus de circonspection. Certes, le redressement de l’économie mondiale se confirme, mais il reste limité et surtout ne s’opère pas partout au même rythme. Les Etats-Unis jouent de nouveau un rôle moteur dans l’économie mondiale, mais le Japon, s’il semble avoir éloigné le spectre de la déflation, voit sa croissance retomber. L’inquiétude se concentre sur certains pays émergents menacés de nouvelles crises de change en cas de resserrement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine et aussi sur la dette de la Chine dont la progression fulgurante rappelle celles qu’ont connues les Etats-Unis et le Japon avant l’explosion de leur propre bulle financière.
Concernant la zone euro, le président de la BCE vient de déclarer : « la reprise est là, mais elle est faible, modeste et fragile ». Les thuriféraires des politiques d’ajustement budgétaire, ils sont encore nombreux, qui s’étaient montrés plus nuancés dans la dernière période, ont cru tenir leur revanche avec la sortie des programmes d’assistance de la troïka de pays comme l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et même la Grèce, les deux premiers venant même de faire, pour se financer, un retour spectaculaire sur les marchés obligataires. Certes les déficits publics et les balances courantes de ces pays se sont nettement améliorés, austérité oblige. Mais c’est au prix de contreparties considérables : leurs PIB sont loin de leurs niveaux d’avant-crise, le chômage explose et leur dette publique atteint des niveaux records, bien supérieurs à ceux qui avaient déclenché la crise en leur interdisant, de fait, l’accès aux marchés. La pression sur les salaires est telle dans ces pays que l’inflation s’y retrouve à des niveaux si bas qu’ils font planer une menace de déflation sur l’ensemble de la zone.
En France, l’Insee annonce une reprise « poussive » jusqu’à la mi 2014. Le dernier trimestre 2013 a été marqué par le débat sur la pression fiscale, la préparation du budget 2014, les mouvements de contestation multiformes, les multiples reculs du gouvernement et les exigences croissantes du Medef qui a fini par demander 100 Md€ d’allègements en laissant entendre, sans s’engager, qu’il y aurait un million d’emplois à la clé. La nouvelle année s’est ouverte sur les vœux du Président qui ont été analysés, par les observateurs, comme un ralliement explicite à la politique de l’offre : baisse des impôts, réduction des dépenses publiques, dénonciation des abus de la Sécurité sociale, proposition, en réponse au patronat, d’un pacte de responsabilité. Ce pacte risque fort d’être un marché de dupes, le niveau actuel de la croissance ne permettant pas de créer à court terme de vrais emplois. 2014 s’annonce bien difficile pour un exécutif, déjà au plus bas des sondages, et qui devra, de plus, affronter des échéances électorales périlleuses... (Lire la note ci-dessous)

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Note de conjoncture
Janvier 2014

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